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Commémoration de la fusillade du 18 octobre 1971 : le témoignage émouvant de Daniel Philippe né au camp Boiro

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C’est à l’occasion de la commémoration de la fusillade de plus de 70 détenus au camp Boiro le 18 octobre 1971 sous le régime de feu Sékou Touré, célébrée ce lundi, 18 octobre 2021, par l’Association des Victimes du Camp Boiro (AVCB), que Daniel Philippe de Sainte Marie né dans ce lieu incarcéral a fait un témoignage très émouvant , en laissant entendre ceci : «il n’y avait pas de raison fondamentale du fait que ma maman s’est retrouvée captive au camp Boiro ».

Selon le dernier survivant camp Boiro : « ma maman était hôtesse de l’air et puis on l’a arrêtée au marché Niger. Elle a été amenée au camp Boiro, c’était dans les années 1971. Je pense que cette arrestation brusque de ma mère était probablement liée à mon père qui était un blanc parce que je sais qu’elle ne faisait pas de politique ».

« Elle ( maman) , s’est retrouvée en prison comme ça, sans jugement, sans raison fondamentale. Nous, victimes du camp Boiro , ce que nous continuons à réclamer, c’est très simple, on le dit tout le temps, c’est la justice, la reconnaissance et la réhabilitation des personnes victimes sous le régime de feu Sékou Touré .
Parce que, beaucoup de gens ont été tués, emprisonnés et accusés à tort et on les a étiquetés comme les ennemis de la république alors que ce n’était pas vrai », a dit Daniel Philippe de Sainte Marie lors de cette commémoration.

Poursuivant son témoignage, le captif de feu Ahmed Sékou Touré a déclaré en termes : « si certains étaient des politiciens certes, mais le fait d’être un opposant ne veut pas dire que tu es ennemi de la nation. Pas plus tard hier, on m’a insulté sur les réseaux sociaux, on m’a traité d’apatride. Il faut que les gens prennent conscience de ce qui est arrivé, parce qu’aujourd’hui, il y a une volonté de certaines personnes de faire oublier tout ça.

Des gens ont été ostracisés, on les a mis à l’écart, on les a traités comme des ennemis alors que ce n’était pas vrai. Donc, le seul but qu’on recherche, c’est la réhabilitation, la préservation de la mémoire collective et la vérité ».

« Certains parlent de réconciliation moi, personnellement, je ne parle pas de réconciliation, on n’est pas ennemi entre nous. Est-ce que c’était une guerre ou quoi ? Il faut qu’à même qu’il y ait une réhabilitation et une restauration unique de la vérité », a-t-il mentionné.

Evoquant le cas ce qui ressent aujourd’hui le fait qu’il est né au camp Boiro, Daniel Philippe De Sainte Marie a dit ceci : « qu’est-ce que ça peut faire d’être né en prison ? Ça fait toujours mal, ça perturbe la vie d’un être humain. Quand vous vous retrouvez né entre quatre murs, ça perturbe toute votre vie. Vous n’avez pas la même perception que les autres. Moi, je n’ai pas joué avec les autres enfants comme n’importe qui, j’étais là-bas jusqu’à l’âge de six ans, j’étais qu’avec des adultes, c’est là-bas que j’ai appris à lire et à écrire ».

«Donc, c’est un peu rester dans mon esprit. Jusqu’à présent, je vis un peu renfermé sur moi-même parce que j’ai grandi comme ça avec des grands », a-t- dit.

Par Léon KOLIE

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