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Assassinats, kidnappings et dérives autoritaires : devoir de lutte contre les violences d’État [Par Oumar Barry]

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Dans de nombreuses régions du monde notamment en Afrique de l’Ouest, les coups d’État militaires et les régimes autoritaires continuent de bafouer les droits fondamentaux des citoyens. Parmi ces pays où l’armée dirige l’Etat, la Guinée s’est violemment illustrée dans des dérives autoritaires inouïes.

Récemment, c’est un opposant au régime militaire qui a été arbitrairement arrêté. L’arrestation d’Aliou Bah, président du Mouvement démocratique libéral (MoDel) est l’un des exemples tragiques de cette répression contre les voix dissidentes. Le ministère public a requis 2 ans de prison ferme pour « diffamation et offense au chef de l’Etat. Cette arrestation soulève des questions essentielles. Comment lutter contre l’instrumentalisation de la justice ? Quels sont les voies et moyens que les Guinéens doivent utiliser pour garantir le respect de la liberté et de l’indépendance de la justice. Quels rôles doivent jouer la communauté internationale et la société civile pour lutter contre l’injustice sous toutes ses formes ?

L’Arrestation arbitraire : une injustice qui va à l’encontre des droits fondamentaux

Le cas d’Aliou Bah n’est pas isolé. Des nombreux opposants politiques, des journalistes, des activistes de la société civile et même des militaires ont été arrêtés sans procès équitable ni respect des droits humains. Certains comme le colonel Célestin Bilivogui ont péri dans des circonstances troubles sans avoir été présentés devant le juge. Cette répression s’inscrit dans une longue tradition de coups d’État militaires où la liberté d’expression et les droits civils sont systématiquement supprimés au nom de la « stabilité » ou de la « sécurité nationale« . Pourtant, ces justifications ne font qu’aggraver l’injustice.

Dans l’Islam, la justice est un principe fondamental. Le Coran condamne fermement toute forme d’injustice et encourage la défense des opprimés. Le verset 22 :39 nous rappelle que : « Il a été permis à ceux qui ont été opprimés de se défendre, car Allah a le pouvoir de leur accorder la victoire. » Cette déclaration résonne particulièrement dans le contexte des arrestations arbitraires : il est non seulement permis, mais impératif de lutter contre l’injustice et de se défendre contre l’oppression. »

 

L’Injustice Politique et la Responsabilité de la Communauté

Dans le monde musulman, le concept de justice va au-delà de l’individu. Il s’agit aussi de la responsabilité collective de la communauté. Le Coran souligne que « Il y a parmi vous une communauté qui appelle au bien, ordonne ce qui est convenable et interdit ce qui est répréhensible. » (Sourate 3 :104). Ces versets nous appellent à être des acteurs de justice dans la société, à nous opposer à la tyrannie et à défendre ceux qui sont persécutés.

Le rôle de la communauté est crucial : il est de notre devoir de nous élever contre la répression et de soutenir ceux qui sont victimes de l’injustice, qu’ils soient emprisonnés pour leurs idées politiques, leur foi ou leurs actions. Aliou Bah, comme bien d’autres, représente cette lutte pour la liberté et la dignité humaine. Ceux qui sont arrêtés arbitrairement, privés de leurs droits sans jugement, sont les véritables opprimés que nous devons défendre.

 

La Répression des voix dissidentes : une menace à la liberté

La répression des voix dissidentes et des opposants politiques est une menace pour toute société démocratique et juste. Elle constitue une agression non seulement contre les individus, mais contre les principes mêmes de la liberté, de la vérité et de la justice. Dans un monde idéal, l’opposition politique devrait être perçue comme un élément vital d’une société démocratique, non comme un crime. Cependant, dans les régimes militaires et autoritaires, l’expression de la dissidence est souvent traitée comme une menace et écrasée par la force brute.

Le Coran nous enseigne que l’injustice, qu’elle soit exercée par un individu ou par un pouvoir, est une forme de péché grave. Allah dit dans la Sourate 42 :42 : « Et quant à l’agression, elle est le fait de ceux qui, après avoir reçu l’appel à la foi, se rendent coupables d’agression. Il n’y a pas d’agression plus grande que de refuser la justice et la vérité. » Cette répression aveugle, qui vise à réduire au silence ceux qui osent défier le pouvoir, est une grave transgression des valeurs islamiques.

 

Un appel à l’action : pour une justice véritable et la libération des prisonniers politiques

Face à cette situation, il est impératif que les citoyens et les leaders mondiaux interviennent pour mettre fin à l’injustice. Le soutien aux prisonniers politiques, comme Aliou Bah, ne doit pas être vu comme une simple question de solidarité, mais comme un impératif moral. Le Coran nous invite à défendre les opprimés, à nous battre pour la justice et à promouvoir la vérité. Dans cette perspective, la lutte pour les droits humains devient une lutte spirituelle et éthique, conforme aux enseignements d’Allah.

Le verset 33 :71 nous rappelle que : « Ô vous qui avez cru, craignez Allah et dites ce qui est juste. Il corrigera vos actions et vous pardonnera vos péchés. Et quiconque obéit à Allah et à Son Messager a véritablement triomphé d’un grand triomphe. » Cette parole nous invite à prendre position, à dire ce qui est juste, même lorsque cela nous coûte, et à œuvrer pour un monde où les droits de chacun sont respectés.

 

Un engagement pour la liberté et la dignité humaine

Le cas d’Aliou Bah est un rappel cruel de la réalité de l’injustice dans les régimes militaires. Toutefois, il offre également une occasion de renforcer notre engagement en faveur des droits humains, de la justice et de la liberté. Les principes coraniques nous appellent à défendre les opprimés, à nous opposer à l’injustice et à militer pour une société plus juste, où chaque voix, même dissidente, est entendue et respectée.

Il est temps pour nous, en tant que communauté nationale, de nous unir dans la lutte contre l’injustice, de soutenir ceux qui sont persécutés et de défendre les valeurs fondamentales de la liberté et de la dignité humaine. Les défis sont grands, mais l’espoir réside dans notre capacité collective à agir pour un avenir plus juste.

 

La lutte doit se faire sans la communauté internationale

Confrontés à des guerres hybrides et stratégiques contre certains puissants Etats du Sud-global d’une part et de leur inconstance avec leur politique du double standard d’autre part, les pays occidentaux peinent à réimprimer leur prétendue image de marque de défenseurs des droits de l’homme. Et sans compter l’affaiblissement du Conseil de sécurité des Nations-unies qui s’est montré démuni face aux nombreuses violations des droits humains dans le monde.

L’exemple le plus illustratif est le silence radio des Etats-Unis sur la disparition forcée du journaliste Habib Marouane qui, pourtant venait de rentrer d’un voyage d’immersion de deux semaines en Amérique entièrement financé par son ambassade à Conakry. Le Haut-commissariat des Nations-unies aux droits de l’homme se limite à publier des communiqués pour appeler les autorités à respecter l’exercice des libertés individuelles et collectives. C’est dire que, nous ne devons compter que nous-mêmes. Abandonnés depuis leur isolement diplomatique au lendemain de l’indépendance, les Guinéens doivent résister tout seuls face à l’impitoyable oppression de la junte militaire au pouvoir depuis trois ans.

Oumar Barry

 

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