Colonel SOUARÉ, je pleure un bel homme [Par Bella Bah]
Il s’était fait oublier ces derniers temps, pour préparer chacun, et tous à son absence, comme lorsqu’une fin s’annonce. Chacun de nous, un beau jour fera face à ce destin tragique » la mort « . On le pressentait, lui qui aimait toujours lutter, continuait à nous faire espérer, par amour, et comme l’espoir fait vivre, on voulait le voir continuer encore pour un bon temps.
Le fondateur de L’UNC nous a laissé
L’institution qu’il avait forgé » L’UNC », c’était lui, son bébé, qu’il chérissait tant, assit sur la chaise à la contempler, avec des moments forts comme les journées culturelles, les remises, il donnait son temps à du génie qui voulait faire avancer bien son UNC. Sans compter, il dépensait pour la formation, pour une première, il avait investi plus de 200 000 USD pour équiper le meilleur labo, en génie informatique.
Un modèle, un self made Man s’en est allé
Colonel Souaré, partit de rien pour s’imposer d’abord à la douane, je le vois dans ses vêtements de Douane avec son sourire, et par la suite à l’éducation, aimait la fougue d’une jeunesse engagée pour la bonne cause. Il avait donné l’opportunité au ministre de l’éducation de nos jours, Dr Bano, d’exprimer son savoir à ses amoureux des faits sociaux, de même que le ministre de la jeunesse, Mouctar DIALLO, le president du MODEL Aliou BAH, le Doyen Falilou à la cour des comptes et Bella BAH, de la jeunesse citoyenne pour ne parler que de ceux-là. Ils réunissaient du beau monde, par amour de l’éducation, et il croyait à cette diversité d’opinions.
J’ai eu la chance de le connaître par un fait du hasard, et qui m’a toujours marqué et qui a établi une confiance aveugle entre nous.
Fraîchement sortit de l’ENCG Agadir, orphelin de père, sans aucune connaissance particulière à Conakry, je cherchais où trouver le pain pour ma maman et mes frères et soeurs, son fils, Mamadou Cellou Souaré, communement appelé fonda, lors de notre invitation du premier forum de l’étudiant Guinéen au Maroc, avait exprimé son souhait de travailler avec des jeunes compétents.
Après plusieurs dépôts de dossier, sans suite, cette dernière me vient en tête et qui se conclut bien, on m’affecte provisoirement au département Economie et Gestion.
Notre colonel est partit
C’est avec toute la rigueur que j’essaye de redresser un département, qui s’était habitué aux pratiques Guinéennes et les embrouilles, ne sauraient tarder.
Une fille, convaincue de sa beauté comme à l’accoutumé, se permettait avec son groupe, de perturber les cours, aussitôt informé par le chef de classe, je l’ordonne de sortir de la salle ce qu’elle refuse. Ayant presque toute l’administration à sa cause, je suis sonné d’une note de sanction et sans réfléchir même à ma situation financière, je décide de rendre le tablier.
Colonel SOUARÉ, qui était absent lors des faits, pour une première m’appela, moi qui ne savait point que tout cet investissement était à son actif, l’expliqua que je ne suis pas venu pour la pagaille plutôt pour former et encadrer.
Il me parlait en tant que bon père, avec des conseils et m’informa que c’est lui, tout cet investissement et comment il recherchait des personnes qui répond à mon profil. Il a fait annuler la note, en me donnant toute la latitude des initiatives et les moyens, pour recruter des bons professeurs en leurs donnant des taux horaires convenables. Par la suite, je me suis dévoué pour cette promotion de 2014, avec beaucoup d’activités extra scolaires. C’est grâce à son leadership que ça été possible.
Notre colonel s’est éteint
Quand j’ai pris l’initiative de lancer » ACE MANAGER » organisé par la BNP Paribas, une compétition en finance, à UNC, je suis venu le voir, il y avait plus d’intermédiaires, je lui ai expliqué la pertinence et l’opportunité, il donna tout de suite que tout soit à ma disposition. Quand l’honneur avec les récompenses jaillissaient, il répétait que c’est ce jeune qui l’a fait. Il m’appela un beau jour à 07h, durant les vacances avec des cris de joie après l’annonce. Plusieurs étudiants de l’UNC et d’a ont pu avoir du travail à la BICIGUI grâce à son initiative, sans lui, ça n’aurait pas été possible
Un bon père s’en est allé
Quand j’ai signé à la société générale, il a été l’un des tout premiers que j’ai informé et de ma gêne à le quitter. Au-delà des personnes qui parlaient pour du plaisir ou se faire voir, entre nous, la confiance régnait. Il m’avait dit qu’il ne peut pas me retenir pour ne pas être égoïste, que j’ai du potentiel et je dois continuer mon chemin seulement, que je dois lui dire qui peut bien me remplacer, et souhaite que je passe le voir souvent. À chaque fois, que l’occasion se pressentait, je passais discuter et il demandait mon avis sur des sujets.
Au-delà, de son amour pour l’éducation, son humanisme était sans égal, il aidait sans réfléchir, des cas simples au cas complexe, du coaching, il voyait grand et aimait ceux qui voyaient grand .La Guinée perd un grand homme, une belle âme qui s’éteint, tout un parcours avec des milliers de jeunes formés et encadrés.
La vie n’est qu’une illusion, au sommet de la gloire et de notre art, la vie nous joue tous un tour, avec ses tentations et ses illusions, avant que tout s’arrête, la mort, le seul moment de vérité.
Adieu colonel Mikael SOUARÉ, digne fils de Mali, du fouta Djallon, de la Guinée, toute entière, nous te pleurons et t’oublierons jamais.
Repose en paix, l’ami, merci pour le service rendu
A bientôt
Bella BAH
President de la jeunesse citoyenne