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Conakry : Célébration en différée des 16 jours d’activisme

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Lancé sous le ‘’Orange le monde’’ pour lutter contre les violences basées sur le genre, la célébration des 16 jours d’activisme a eu lieu ce lundi 13 décembre 2021 au Centre Culturel Franco-guinéen à Conakry. La cérémonie a été organisée par le club des jeunes filles leaders de Guinée. Elle a marqué également la présence des cardes du département des personnes vulnérables et de la promotion féminine et des partenaires au développement, notamment l’ambassade du Royaume-Uni et d’Espagne.

La directrice exécutive de l’ONG club des jeunes leaders de Guinée a rappelé que c’est pour permettre de rappeler un peu le rôle des différentes parties mais avec un accent particulier sur le rôle de la justice et le fonctionnement du système judiciaire en matière de gestion des violences basées sur le genre en Guinée.

« Ce qu’il faut retenir c’est qu’au niveau de la justice, la lenteur s’explique par plusieurs points. Le premier point, c’est le fait que les magistrats soient désintéressés sur les différents dossiers de violences qui vont en justice. Le second point, est que la lenteur s’explique par le système mis en place. Parce qu’il y a six mois donné au tribunal pour prouver le contenu de la plainte déposée. Six autres mois ajouté au cas ou ils ne parviennent pas à trouver suffisamment de preuve pour démontrer qu’il y a eu crime. Donc, ce qui fait d’ailleurs un an ? Au delà d’un an, on commence les procédures judiciaires qui prennent aussi assez de temps, parfois six mois ou sept mois. Ça se situe dans l’intervalle un an, deux ans ou trois ans, il n’y a pas énormément d’importance qu’on accorde aux dossiers de viol, de violence faite aux filles aux femmes. Surtout au dossier criminel qui concerne la protection des filles et des femmes », a indiqué Kadiatou Konaté.

Projection sur l'événement des 16 jours d'activisme
Projection sur l’événement des 16 jours d’activisme

Quant a Mme Yansané Fatoumata Bah, elle a fait dans son intervention que c’est un évènement important qui les réunisse aujourd’hui pour couronner les 16 jours d’activisme sur l’abandon de violence faites aux femmes qui devait se clôturer le 10 décembre et le 10 décembre correspond à la déclaration universelle des droits de l’homme. « Vous comprendrez toute l’importance que ces violences occupent dans la protection de l’être humain et de sa dignité. Malheureusement dans notre pays, on a atteint tous les superlatifs expriment la violence faite aux femmes. J’aurais voulu que des responsables de haut niveau soient là pour qu’on parle du sujet et qu’il y ait plus d’hommes dans la salle parce que lorsqu’on parle de violence, dans 90% des cas, c’est un homme qui exerce de violence sur une personne vulnérable parce qu’elle est pauvre ou parce qu’elle n’a pas de recours pour se protéger. Certes que des efforts ont été fournis, lorsque nous regardons des dispositions qui ont été prises par le gouvernement, au niveau de la gendarmerie, de la police, à savoir des services de protection du genre, des meurs mais surtout la disposition prise par la médecine légale pour essayer de donner des preuves des violences subies pour qu’on puisse aller vers la justice », a déclaré la marraine de l’ONG, Club des jeunes filles leaders de Guinée avant d’ajouter « certes que la justice retarde dans le traitement des dossiers, mais c’est encore plus déplorable lorsqu’on sait que souvent, ce sont des familles qui désistent sous la pression, on accepte de sacrifier sa fille victime de violence pour sauver une relation sociale ».

Pour le représentant du ministère des personnes vulnérables, Alpha Camara a souligné que c’est avec beaucoup d’émotion qu’il se retrouve devant à cette cérémonie pour s’adresser à chacun, lorsqu’il s’agit de violences faites aux jeunes femmes et aux jeunes filles. « Au nom de mon département, je tiens à remercier madame la marraine qui se charge de l’encadrement de ces filles, du conseil de ces filles, je remercie également, les partenaires au développement qui nous accompagne dans le processus. J’avoue, le thème que nous abordons aujourd’hui est un thème qui se pose avec acuité. Acuité parce que tous les jours nous avons des informations relatives au viol d’enfant, au viol des filles… Mais aussi je me réjouis car l’initiative de mettre en place un club des jeunes des filles est une bonne chose parce que ce sont les jeunes filles qui sont souvent victimes. En les impliquant dans le processus, cela a nettement amélioré aujourd’hui cette lutte contre les violences. Le club des jeunes filles nous ne pouvons que vous remerciez pour les efforts déjà fournis », s’est réjouit, le directeur national adjoint des personnes vulnérables et de la promotion féminine.

Lors de cette cérémonie, la projection d’une vidéo sur le viol a été faite. Après la projection de ce film, des panélistes ont pris la parole. Il s’agit entre autre, d’un représentant de la gendarmerie qui s’occupe des cas de viol dans le pays. Le président du tribunal pour enfant, un avocat qui défend souvent des victimes de viol, un tradi-praticien et une jeune femme qui a représenté le club des jeunes filles leaders de Guinée. Au cours des débats, chacun a expliqué de fond en combe le rôle de son département face au viol qui est devenu récurent ces derniers temps dans le pays.

Ibra BARRY 

Tel : 00224 656 77 52 34

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