Dialogue politique / confiscation du passeport Cellou Dalein/ détenus politiques malades : la grosse colère d’Aboubacar Biro Soumah du parti PPC contre le régime Alpha Condé
Dans un entretien accordé cette semaine à notre rédaction, le président du Parti pour le Progrès et le Changement (PPC) et membre de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD), Aboubacar Biro Soumah qui dans un bâton rompu, n’a pas tardé de donner des leçons politiques très sévères au gouvernement d’Alpha Condé à propos du cadre de dialogue national , la confiscation du passeport du leader de l’UFDG , Cellou Dalein Diallo et des détenus politiques incarcérés près de 8 mois à la maison centrale dont certains sont malades.
Concernant le cadre dialogue national, le président du Parti pour le Progrès et le Changement (PPC), Aboubacar Biro Soumah a exigé l’implication des nations unies qui selon lui, vont veiller sur l’application des conclusions qui en sortiront.
Poursuit l’opposant du régime Alpha Condé : « nous avons à faire à un régime qui a un système communiste, où la communication communiste prend le dessus. On nous parle de ce fameux cadre de dialogue politique permanent, comme si on avait oublié notre passé récent. Nous savons qu’Alpha Condé a fait 10 ans au pouvoir, mais la Guinée n’a jamais eu un cadre de dialogue sincère et réaliste. Malgré tout, on fait aujourd’hui encore un débat dans la cité autour de ce fameux dialogue ».
Car , dit-il : « je me demande qu’est-ce qui ne va pas avec la mémoire de certains Guinéens. Sinon, si quelqu’un gère un pays pendant 10 ans sans respecter même sa propre signature, pourquoi inciter les gens à aller au dialogue avec lui ? »
Il a aussi rappelé avec amertume ceci : « nous avons fait 5 dialogues, dont les conclusions n’ont jamais été appliquées. On a même vu des cadres du RPG Arc-en-ciel (le parti au pouvoir) et des membres du gouvernement nier avoir apposé leurs signatures sur un accord conclu au siège de l’UFDG. Or, Amadou Damaro Camara et Bouréma Condé avaient signé cet accord. Cela s’est passé devant moi ».
«Mais après, ils ont nié carrément avoir apposé leurs signatures sur cet accord. Comment un pays peut aller de l’avant si ses dirigeants se comportent de la sorte ? », dit-il.
Parlant de la confiscation du passeport de Cellou Dalein, notre interlocuteur a laissé entendre en ces termes : « il est inadmissible que le passeport du principal opposant soit confisqué par ce régime virulent d’Alpha Condé. Et , le plus énervant , c’est le soi-disant procureur de TPI de Dixinn qui est au solde de ce pouvoir communiste du nom , Sidy N’Diaye qui refuse de remettre le passeport de Cellou, une manière de le priver de ses mouvements de se rendre où il veut. Je comprends que Cellou Diallo est un otage d’Alpha Condé et il faudrait que le peuple de Guinée sache cela. Je suis persuadé que nous sommes entrain de retomber dans l’ancien système du régime de feu Sékou Touré. Si vous vous rappelez lors de son investiture en 2010, Alpha Condé a dit qu’il prendra le pays où Sékou Touré l’a laissé. Donc, ceci dit qu’il est entrain de continuer les œuvres maléfiques de son prédécesseur sur le peuple de Guinée ».
Cas des détenus politiques à la maison centrale, l’allié inconditionnel de Cellou Dalein Diallo a déclaré avec colère ceci : « il y a plus de 400 détenus politiques dans les maisons d’arrêt de Conakry et de l’intérieur du pays. Ce sont des prisonniers du président Alpha Condé. Si vous voyez que la détention de ces prisonniers se prolonge, c’est parce que le président de la République interfère dans le fonctionnement de toutes les institutions du pays. C’est lui le président de la République, c’est lui l’Assemblée nationale, c’est lui le pouvoir judiciaire, c’est lui l’armée ».
Sur la même lancée , l’opposant ne tarit pas de mots à l’encontre de ce pouvoir à propos de ces détenus politiques , disant ceci : « Alpha Condé dans ses faits dictatoriaux, incarne aujourd’hui toutes ces institutions. C’est pourquoi notre démocratie est confisquée. Ces leaders ont été mis en prison, alors qu’ils n’ont ni détourné, ni volé, ni violé, ni tué. Ces gens ont tout simplement défendu la démocratie et la Constitution guinéenne. C’est à cause de ça qu’ils ont été mis en prison par la volonté d’une seule personne qui s’est transformée en petit dieu. Et aujourd’hui, nous sommes dans un pays où la dictature bat son plein. Ce qui demande à Alpha Condé de libérer sans délai de ces personnes emprisonnées sans motifs. Il faut les libérer pour que la pays retrouve sa quiétude sociale ».