Guinée : Coupure d’Internet et démocratie muselée, le VPN comme seule échappatoire
Alors que les Guinéens se sont rendus aux urnes ce dimanche 21 septembre 2025 pour un référendum constitutionnel, un autre combat s’est joué en parallèle, celui de la connexion. Les citoyens ont rapidement constaté une forte restriction de l’accès à internet, les forçant à se tourner massivement vers des applications de réseaux privés virtuels (VPN) pour tenter de rester connectés au reste du monde.
Cette restriction, jugée délibérée, a pour effet d’étouffer la diffusion d’informations sur un scrutin déjà controversé. En limitant la capacité des citoyens à communiquer et à partager des vidéos ou des témoignages en temps réel, les autorités de transition cherchent manifestement à contrôler le récit autour de cette élection. Cette tactique, bien que non officielle, est perçue comme un moyen de museler toute critique et d’empêcher la circulation de données potentiellement « sensibles » qui pourraient contredire la version officielle des événements.
Pour de nombreux Guinéens, cette situation est d’autant plus frustrante que l’internet est devenu un outil de communication indispensable. Qu’il s’agisse de contacter des proches, de suivre l’actualité en direct ou de travailler, cette coupure a des conséquences concrètes et dommageables. Les médias locaux en sont les premières victimes. De nombreux sites d’information et chaînes de télévision qui diffusent en direct sur le web se retrouvent dans l’incapacité de travailler efficacement, entravant leur mission de couvrir un moment crucial de l’histoire du pays.

Cette tactique rappelle la vulnérabilité de la démocratie face au pouvoir de l’État sur les infrastructures de communication. En coupant internet, les autorités militaires démontrent leur volonté de contrôler l’information et de faire taire les voix dissonantes. L’usage massif du VPN par les citoyens n’est pas seulement une solution technique, mais aussi un acte de résistance symbolique, une tentative de percer la bulle d’isolement imposée par le gouvernement.
En fin de compte, la situation actuelle en Guinée met en lumière un paradoxe alarmant, une élection qui se veut démocratique se déroule dans un climat de suspicion et de contrôle, où la liberté d’expression est compromise et où les citoyens sont contraints de contourner des obstacles numériques pour exercer leur droit fondamental à l’information.