La refondation de l’État : Un chemin semé d’embûches, mais nécessaire
La notion de réfondation de l’État évoque souvent l’image d’un renouveau, d’une rupture avec un passé marqué par la corruption et l’instabilité. Inspirée par les mots de M. Dansa Kourouma, président du Conseil National de la Transition (CNT), cette démarche s’avère être un processus complexe et risqué, mais dont l’aboutissement est une étape cruciale pour l’avenir d’une nation. Elle ne se limite pas à une simple réforme, mais représente une véritable reconstruction des fondations mêmes de l’État, en s’attaquant aux pratiques qui ont affaibli le pays et nui à son développement.
La refondation n’est pas une entreprise sans conséquences. Elle implique de remettre en question les structures de pouvoir et les intérêts bien établis, souvent acquis illégalement. Comme le souligne M. Kourouma, des « intérêts bien implantés et cristallisés volent en éclats ». C’est là que réside la difficulté : les bénéficiaires des systèmes corrompus ne renoncent pas facilement à leurs privilèges. Ce changement radical génère inévitablement des tensions et des résistances. C’est pourquoi une refondation peut être un « processus difficile et périlleux qui fait des victimes », car elle bouleverse l’ordre établi et force une redistribution du pouvoir et des ressources.
Pour une population qui a « beaucoup souffert » et qui « en a marre » des « vieilles et déplorables habitudes », la refondation devient une nécessité absolue. C’est un appel à l’action pour une gouvernance plus juste et plus transparente. La voie vers le changement passe par l’application de principes fondamentaux : le respect de la loi et de la justice, et la mise en œuvre d’une tolérance zéro en matière de gestion des deniers publics. Cela signifie non seulement punir la corruption, mais aussi mettre en place des mécanismes de contrôle rigoureux pour prévenir de futurs abus.
La volonté de la population, fatiguée par des années de mauvaise gouvernance, est un moteur puissant de ce processus. Elle est prête à « avancer dans la bonne direction », car elle a compris que le maintien du statu quo est insoutenable et qu’un changement radical est la seule voie vers une prospérité durable. En fin de compte, la refondation de l’État n’est pas seulement un projet politique, mais un pacte social entre un gouvernement et sa population, unis pour construire un avenir meilleur.