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Me Vincent Brengarth, avocat du FNDC : “la communauté internationale n’a pas abandonné l’opposition guinéenne”

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Me Vincent Brengarth, avocat au Barreau de Paris
Me Vincent Brengarth, avocat au Barreau de Paris
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Il serait erroné de considérer que la communauté internationale a abandonné l’opposition guinéenne“. C’est ce qu’a indiqué Me Vincent Brengarth, un des avocats du Front national pour la défense de la constitution (FNDC) lors d’un entretien qu’il a accordé à Verite224.com.

Pour ce Conseiller de la plateforme anti-3e mandat pour Alpha Condé le contexte de la pandémie qui secoue la planète fait que la communauté internationale se focalise davantage sur l’éradication du covid-19. Selon lui la CEDEAO, l’Union africaine, l’Union européenne, les Nations-unies et les organisations des droits de l’homme ont à plusieurs reprises dénoncé les dérives dictatoriales du président guinéen. Lors de l’interview Me Brengarth est aussi revenu sur le signalement à la CPI concernant les violations des droits de l’homme en Guinée. Lisez l’intégralité de l’entrevue. 

Verite224.com : Bonjour, actuellement où en êtes-vous sur la procédure de signalement à la Cour Pénale Internationale (CPI) concernant les exactions des forces de défense et de sécurité en Guinée ?

Me Vincent Brengarth : Le Bureau du Procureur procède actuellement à l’analyse des allégations décrites dans notre signalement et à l’examen des nombreux éléments qui l’accompagnent. L’objet de cette analyse est d’évaluer, sur la base des informations disponibles, si les crimes allégués paraissent, comme nous le considérons, relever de la compétence de la Cour pénale internationale et justifient par conséquent l’ouverture d’un examen préliminaire de la situation concernée. La procédure suit donc son cours normal, étant rappelé que le signalement adressé à la CPI est particulièrement développé et documenté.

 

Dans un communiqué, vous, les avocats du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) pour la CPI avez déploré les récentes violences meurtrières en Guinée. Depuis plusieurs mois, l’assassinat d’opposants, le harcèlement judiciaire et le kidnapping se multiplient. Au Mali il a fallu trois semaines de manifestation pour que la CEDEAO déploie une importante mission de cinq (5) chefs d’Etat. Pour le cas de la Guinée, jusqu’ici la communauté internationale est silencieuse. Est-ce que vous n’avez pas l’impression que les opposants guinéens sont abandonnés par la communauté internationale ?

Il serait erroné de considérer que la communauté internationale a abandonné l’opposition guinéenne. Rappelons notamment que la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les Etats-Unis, l’Union Européenne et la France ainsi que l’ONU ont récemment appelé au respect des libertés en Guinée. L’organisation Human Rights Watch a alerté sur la nécessité de mettre fin à la répression contre ceux qui s’opposent à une nouvelle constitution. En juillet 2020, Amnesty International a dénoncé la détention arbitraire et le harcèlement judiciaire de militants traduisant la volonté des autorités d’étouffer les voix dissidentes.

Si la communauté internationale peut donner le sentiment d’être actuellement moins présente et active qu’elle pouvait par exemple l’être en fin 2019, sa vigilance n’en a pour autant pas cessé.  A cela s’ajoute le contexte particulier que nous traversons, marqué par une priorité temporaire de mettre un terme à la pandémie du Coronavirus. En tant que conseillers et avocats du FNDC, notre rôle est précisément de rappeler à la communauté internationale que les exactions n’ont malheureusement pas cessé et, au contraire, de mettre en garde contre l’instrumentalisation par le pouvoir guinéen de la menace sanitaire pour poursuivre sa funeste marche autoritaire.

A titre de comparaison, il faut également relever qu’au Mali, l’implication de la CEDEAO a été facilitée par l’Exécutif, en Guinée, le pouvoir s’est opposé à toutes les démarches de dialogue initiées par les acteurs socio-politiques, économiques, diplomatiques, religieux opérant aussi bien au niveau national qu’international.

 

Quelle est la prochaine étape du signalement à la CPI ?

Nous attendons désormais l’ouverture d’un examen préliminaire de la situation concernée et, à terme, l’ouverture d’une enquête. Nous attendons véritablement de la Cour qu’elle mène des investigations approfondies sur la systématisation des violences à l’égard du FNDC et de l’opposition en général. L’éventuelle ouverture d’une enquête ne pourra que favoriser une prise de conscience du régime de mettre un terme à ce qui s’apparente à sa fuite en avant despotique. La Guinée mérite mieux que ce qui est actuellement à l’œuvre et des exactions du pouvoir qui bafoue la démocratie et l’Etat de droit.

 

Quelle lecture faites-vous de la crise qui secoue le Mali voisin à celle de la Guinée ?

Aujourd’hui, le problème Malien implique des enjeux géopolitiques et sécuritaires d’une très grande sensibilité ; beaucoup de pays y jouent des cartes géostratégiques. La bande sahélo-sahélienne est une zone prioritaire des puissances et institutions dans la lutte contre le terrorisme international (la présence des forces onusiennes en fait foi).

L’autorité du pouvoir Malien ne s’exerce pas sur l’ensemble du territoire national et le Nord du pays nourrit des velléités sécessionnistes historiques. Alors un basculement du régime pourrait renforcer cette potentielle tentation à l’image des tournures qu’avaient prises les événements après le coup d’État dirigé par Amadou H. Sanogo (les accords d’Alger ont ramené une stabilité fragile).

Les demandes de manifestations au Mali sont bien traitées par les autorités compétentes qui prennent la responsabilité d’y répondre conformément aux dispositions légales en la matière.

Les endroits stratégiques de Bamako sont accessibles à travers plusieurs directions ; donc il est quasiment impossible de barricader l’accès des espaces publics qui symbolisent le pouvoir.

Donc ce sont tous des facteurs explicites qui font une large différence entre ces deux (2) crises socio-politiques.

Entretien réalisé par Alpha Oumar Diallo

 

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