Nouvelle constitution : « trois ans pour produire un torchon », s’exclame Alpha Saliou Wann, leader de l’AFD
Ils ont mis plus de trois ans pour produire un texte indigne, qui ne servira au final qu’à justifier l’injustifiable. Un torchon de plus, bon à peine à servir de papier toilette. Sous l’ancien régime, le PDG aussi avait institué une Constitution — un simple alibi juridique — qui garantissait, en théorie, tous les droits fondamentaux du citoyen. Mais la réalité vécue par les Guinéens était tout autre : une dictature implacable, faite d’arrestations arbitraires, de disparitions, de surveillance généralisée et de peur.
Aujourd’hui, Mamadi Doumbouya ravive cette page sombre de notre histoire. Il nous ramène à cette époque d’abolition des droits, où le pouvoir ne s’exerce que pour lui-même, au mépris total de la souveraineté populaire.
Comment peut-on accorder notre confiance à un homme qui ne respecte pas sa parole ?
Comment accepter de revenir à la case départ, après plus de trente ans de luttes courageuses, jalonnées de pertes de vies humains innombrables ?
Comment sortir enfin de ce cycle de répression, de privations et de trahisons qui dure depuis soixante-sept ans ?
Mamadi Doumbouya n’a ni la stature morale, ni la volonté politique des officiers africains qui ont su rompre avec le pouvoir militaire pour faire place à la démocratie. Le général Mathieu Kérékou au Bénin, Jerry Rawlings au Ghana, Maada Bio en Sierra Leone, ou Abdulsalami Abubakar au Nigeria ont, chacun à leur manière, compris que la légitimité vient du peuple, et non des armes.
Doumbouya, lui, veut s’imposer par la force. Mais qu’il le sache : il ne sera jamais légitime.
Nous refuserons cette imposture, et nous lutterons jusqu’à la chute inévitable de ce régime sans horizon.
Parce qu’aucune tyrannie n’est éternelle. Parce que le peuple guinéen mérite enfin de vivre libre.