Tôbôlôn Marché 1 : des habitants s’organisent pour raccorder 80 maisons à l’eau courante
L’eau, source de vie et indispensable dans la vie de l’homme. Au grand Conakry, nombreux sont des quartiers qui restent toujours privés de cette ressource naturelle incontournable pour la vie. C’est le cas du quartier Tôbôlôn Marché 1, commune de Kagbelen, situé en haute banlieue de la capitale guinéenne.
Dans ce quartier, ce calvaire n’est désormais qu’un vieux souvenir pour ses habitants. Et cela, grâce à l’initiative des jeunes qui ont décidé de mettre en place un grand forage qui alimente de nos jours 80 concessions. L’ambition est grande et leur motivation reste déterminante jusqu’à atteindre leur objectif. C’est pourquoi à travers notre micro de votre site en ligne verite224.com, ils interpellent l’Etat et les personnes de bonne volonté à travers ce témoignage ci-dessous.

Mamadou Diouldé Diallo, coordinateur du projet de mise en place des forages au quartier Tôbôlôn Marché 1.
« Le projet est né par la bonté d’un de nos voisins qui a créé un forage chez lui. Quand il a créé le forage, il a invité les voisinages les plus proches à se connecter sur son forage. En ce moment, il m’a proposé alors j’ai fait la guérite. Quand j’ai fini de faire la guérite, en même temps d’idée m’est venue d’interconnecter au forage public qui était là. Ce forage a été offert au quartier par les arabes. Je voulais que beaucoup de concessions du quartier soient servis en eau. J’ai proposé cela à notre premier imam et directement, il a approuvé le projet. Après, on a décidé de faire des cotisations locales au niveau des habitants en fonction des moyens de chacun. Il y’a d’autres qui ont versé 300 milles, d’autres 500 milles et certains on les a imposés 1 million.
Ça fait 5 mois depuis qu’on a réalisé ce projet. La desserte est bonne et tout le monde est satisfait dans le quartier. Nous avons 80 concessions qui bénéficient de ce branchement au compte de cette première phase.
Nous comptons continuer pour les autres concessions du carré. C’est un secteur qui s’allonge jusqu’aux rails. Parce que l’objectif est que tous les habitants de ce secteur et le quartier soient ravitaillés en eau. Ça sera la deuxième phase.
Pour la réalisation de la deuxième phase, on a besoin d’un accompagnement de la part des autorités locales comme le président de la délégation spéciale de Kagbelen, des personnes de bonnes volontés et des institutions internationales. Parce que quand on commençait la première phase, on ne savait pas ce qui nous attendait comme coûts. On a fait le devis de 50 à 60 millions mais au moment où je vous parle on se retrouve à 70 millions qui sont déjà investis sur le lieu ».

Ibrahima Bemba Diallo, Personne de bonne volonté
« Au début d’abord c’est quand j’ai constaté que j’avais vraiment besoin d’eaux chez moi que j’ai décidé de creuser un forage. Heureusement, il y a eu beaucoup d’eaux. Ceux qui ont creusé ce forage m’ont dit que si je veux je peux partager mon eau avec beaucoup de concessions de notre secteur. Après l’installation, j’ai dit, qui qu’on que peut se trouver de cuivre, je vais lui servir de l’eau. Après cette annonce, j’ai branché une concession proche de chez moi. Après cela, certains partaient puiser de l’eau là-bas.
Un jour, Mamadou Diouldé qui est là avec nous est parti à la mosquée informé les gens. Ils ont constitué une délégation qui est venue me voir chez moi. A cette occasion, j’ai réitéré que s’il y a une possibilité de mettre quelque chose en place pour que notre secteur et tout le quartier aient de l’eau, je suis disponible à donner mon eau que j’ai creusé. Ils ont cotisé entre eux pour acheter des cubes et des tuyaux pour installer jusqu’à la mosquée ».
Mamadou Bailo Diallo, chef secteur de Tôbôlôn Marché1.
« Avant tout d’abord, je suis content pour la jeunesse de ce quartier qui a eu cette initiative. Surtout pour Ibrahima Bamba qui a manifesté sa bonne volonté pour que les gens viennent se brancher chez lui. Quand ils sont venus me voir, j’ai informé le chef de quartier et on a donné l’ordre. Ce que je vais rajouter là-bas c’est de dire à mes collègues chefs secteurs d’accompagner ces genres de projet dans leurs quartiers. Je souhaite que les autres fonts la même chose pour enlever les gens dans crise d’eau. Nous interpelons aussi le gouvernement, de nous aider pour qu’on puisse agrandir ce projet. Nous voulons surtout être soutenus en nous aidant à avoir un moteur électrique pour alimenter le forage parce que le courant n’est pas trop stable. Donc, on ne peut que compter sur l’électricité. On a un compteur ici spécialement pour alimenter le forage et ça coute extrêmement cher. Nous voulons que le gouvernement nous facilite cela ».

Mamadou Yero Bah, Responsable de la jeunesse de Tobolon Marché 1
« Ce projet, c’est grâce à notre voisin Djouldé qui a eu l’initiative. Quand il m’a expliqué le projet, je l’ai trouvé salutaire. Il m’a dit qu’il ne veut pas se brancher seul, qu’il veut faire profiter les autres concessions de notre quartier. Nous sommes partis ensemble pour informer les autorités religieuses. On a eu leur soutien total et on s’est lancé avec une forte détermination. On a d’abord recensé ceux qui sont concernés. Au début, il y avait plus de 100 concessions mais pour l’instant c’est 80 concessions qui ont pu bénéficier. Pour la prochaine fois, nous allons voir comment élargir le projet dans tout le quartier. Pour cela, nous voulons le soutien du gouvernement. Parce que par-là, il n’y a pas l’eau de la Société des Eaux de Guinée (SEG) leurs tuyaux se limitent de l’autre côté de la route en allant vers Kagbelen. Donc, pour l’instant nous on vit de l’eau de forage ».

Aissatou Diallo, habitante du quartier Tôbôlôn Marché 1
« Aujourd’hui, nous avons eu la chance d’avoir de l’eau et nous les femmes nous sommes très contentes pour ça parce que vous savez nous les femmes, on utilise beaucoup d’eau. Donc, c’est une satisfaction pour nous. Avant, on avait un sérieux problème pour ça. On était obligé de puiser dans les puits et le plus souvent l’eau de ces puis ne sont pas propres. Comme maintenant, on a l’eau de forage qui est très propre, nous sont vraiment très contente pour ça. Nous remercions, tous ceux se sont lever pour soutenir cet acte humanitaire. Parce que vous savez sans l’eau pas de vie ce n’est pas facile ».
Par Ibrahima Sory Barry