Les 5 représentants de la diaspora au sein du CNT : les pièges à éviter
Si de nombreux observateurs de la politique guinéenne ont cru que la désignation des représentants au CNT ne connaît des blocages qu’avec les acteurs politiques, les mêmes bisbilles risquent de naître au niveau de toutes les autres entités notamment, celle des guinéens de l’étranger.
Bon nombre de nos compatriotes vivants en dehors de nos frontières nationales, ont caressé l’envie de répondre à l’invitation du nouvel homme fort de Conakry, le colonel Mamady Doumbouya, à revenir contribuer à la refondation de notre pays. Le président de la transition lui-même un pur fruit de cette diaspora, a dès la prise du pouvoir appelé tous les guinéens de l’étranger à contribuer dans l’élaboration des bases d’une nouvelle Guinée.
Dans le circulaire du Ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation en octobre dernier, portant sur la répartition des places à pourvoir au sein de la future institution parlementaire de notre pays, les guinéens de l’étranger ont bénéficié de 5 places sur les 81. Mais de nos jours aucune statistique nationale ne peut donner le nombre exact de guinéens de l’étranger, ni même les associations ou autres ONG regroupant nos compatriotes de la diaspora. Ce qui de facto, pourrait être un casse-tête pour faire un inventaire des structures légitimes à désigner un ou une représentante.
L’autre bémol, c’est la légitimité et l’unanimité que le ou la candidate peut avoir au sein de son pays de résidence voire même sur le continent. Car à l’instar des autres entités au pays, la diaspora connaît aussi ses propres atermoiements et ses propres maux.
Ce qui pourrait faire la différence, ce sont les actes que les différents candidats ont posé durant les épisodes troubles de la vie sociopolitique guinéenne, notamment les périodes électorales et postélectorales. Si les uns ont dénoncé avec virulence les assassinats et les arrestations arbitraires, d’autres compatriotes de la diaspora ont purement et simplement choisis de rester neutres ou parfois tenter de défendre le régime d’Alpha Condé pour des raisons plus ou moins dissimulées.
Sur un autre plan, intrinsèque celui-ci, le niveau intellectuel ou plutôt l’aptitude du candidat à pouvoir proposer et élaborer des lois au sein d’une assemblée qui s’annonce comme « le premier parlement le plus représentatif » de l’histoire de la Guinée, serait une condition sine qua non dans cette désignation. Autre facteur qui n’est pas à négliger, c’est la situation socioprofessionnelle du candidat ou de la candidate dans son pays de résidence. C’est d’ailleurs un sentiment que beaucoup partagent comme l’activiste Aissatou Chérif Balde de l’ONG Guinée-Solidaire Allemagne qui publiait récemment que « Des gens donnent l’impression de quitter leur emploi stable en Occident et d’autres, les institutions internationales par patriotisme pour servir le pays ; c’est archi-faux ».
Rappelons enfin, qu’à cette ère numérique 3.0 hautement indiscrète et sensible, où la vie d’un citoyen de la ville s’Hertogenbosch en Hollande n’ est pas un secret pour un habitant de Koulé dans N’Zerekore, le rêve toute personne au passé douteux, peut être écorché vif. Le peuple de Guinée d’où qu’il soit reste dorénavant vigilant et surtout seul lui aura, in fine, le dernier mot.
Afana Barry
Correspondant de Verite224 en Europe