La journaliste Aminata Pilimini Diallo dédicace son premier ouvrage « Lettre à ma sœur » à Dakar
La journaliste et militante Aminata Pilimini Diallo a présenté son premier ouvrage, « Lettre à ma sœur », ce samedi 09 mai à Dakar. Publié aux éditions Le Fil d’Ariane, ce livre-témoignage retrace dix ans de combat pour les droits des femmes en Guinée.
Ce n’était pas une simple dédicace, mais une véritable tribune. Devant un parterre de proches et d’admirateurs, Aminata Pilimini Diallo a dévoilé un récit qu’elle qualifie elle-même de thérapeutique. Plus qu’une autobiographie, l’ouvrage est une plongée sans fard dans le quotidien d’une femme qui a décidé de briser le silence.

Invitée à présenter l’œuvre, la journaliste sénégalaise Fatou Warkha Samb a salué un texte « littéraire, militant et thérapeutique ». Elle a notamment insisté sur la force de l’autrice à déconstruire un mythe tenace : celui d’un féminisme qui serait importé d’Occident.
En s’appuyant sur l’histoire des sociétés matriarcales et des figures de résistance guinéennes, Aminata Pilimini Diallo démontre que la lutte pour l’égalité est intrinsèquement liée à l’identité du continent. Fatou Warkha Samb a également loué l’humanité du récit : « Aminata n’est pas un monument. Elle est une femme, elle doute, elle souffre. » Une vulnérabilité qui, selon elle, constitue un véritable acte politique.
Le parcours d’Aminata n’a pas été un long fleuve tranquille. L’autrice est revenue avec émotion sur les campagnes de harcèlement numérique subies en 2020. Elle a confessé avoir un temps songé à tout abandonner, avant de trouver la force de continuer grâce au soutien de son père. « Il m’a dit : “Peut-être qu’il y a une fille là-bas qui a besoin de toi et qui ne le sait pas encore.” »
Pour elle, les attaques virulentes qu’elle subit ne visent pas seulement son idéologie, mais le simple fait qu’une femme ose prendre la parole publiquement.
C’est d’ailleurs par son métier de journaliste qu’Aminata est venue au militantisme. Frappée par l’invisibilité des femmes dans les médias et par la violence des faits divers qu’elle couvrait, elle a commencé à dénoncer ces injustices sur les réseaux sociaux dès 2015.
Aujourd’hui, elle choisit le papier pour graver son combat dans le temps. « Les paroles s’en vont, mais les écrits restent », explique-t-elle avec humour, doutant de la pérennité de Facebook face à la solidité d’un livre.
En passant le relais à une nouvelle génération de militantes qu’elle juge « encore plus radicales », Aminata Pilimini Diallo signe avec Lettre à ma sœur une œuvre de transmission majeure. Son message est clair : le combat continue, et il est désormais inscrit dans la mémoire collective.