Répression policière en Guinée : plusieurs opposants activement recherchés
L’armée au pouvoir maintient la pression sur les militants des principaux partis de l’opposition qui exigent le respect de la liberté d’expression et la mise en place d’un calendrier menant à la tenue d’élections libres et transparentes. À travers différentes manifestations, les opposants visent à obliger la junte à œuvrer pour le retour de l’ordre constitutionnel en Guinée, interrompu depuis le putsch des militaires.
Le régime du colonel Mamadi Doumbouya répond par des répressions violentes qui se soldent souvent par des morts par balles. Depuis près de deux ans, plusieurs figures de l’opposition, notamment Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée, vivent en exil à l’étranger. Leurs soutiens restés en Guinée sont régulièrement persécutés.
D’après nos informations, de nombreux militants politiques ayant soutenu la manifestation du Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) du 16 octobre 2023 sont dans le viseur des autorités de transition. Au moins 11 journalistes ont été arrêtés lors de cette manifestation qui s’est tenue au centre-ville de la presqu’île de Kaloum. Les services de renseignement, notamment des agents de la Direction des surveillances du territoire (DST), traquent des militants des partis politiques accusés de soutenir les journalistes manifestants.
Alpha Mamadou Cellou Dieng et Mamadou Saidou Diallo, considérés comme les cerveaux présumés du soutien à cette manifestation, sont activement recherchés. Arrêtés puis torturés par leurs geôliers après avoir participé à une manifestation organisée par les forces vives de Guinée (partis politiques et société civile), ils auraient été torturés par leurs geôliers. A Conakry tout comme dans les préfectures de l’intérieur du pays, les proches des activistes s’inquiètent de leur sort.
Pour le moment, des dizaines de militants vivent dans la clandestinité pour échapper à la répression des autorités. Le Front national pour la défense de la constitution a, dans un communiqué, déploré la répression policière contre les journalistes et les militants prodémocratie.
Les opposants réclament l’organisation de scrutins censés mettre un terme à la transition militaire installée depuis le coup d’État du 5 septembre 2021, une demande jusqu’ici ignorée par la junte militaire.
Ousmane Cissé