Conakry : meurtre tragique à Lambanyi, l’exécution présumée de Boubacar Barry par des corps armés secoue la capitale
C’est une opération d’une brutalité inouïe qui s’est déroulée dans la nuit du jeudi 29 octobre 2026 au quartier Lambanyi, dans la capitale Conakry. Selon plusieurs témoignages concordants et des images de vidéosurveillance devenues virales sur les réseaux sociaux, des hommes lourdement armés non identifiés ont pris d’assaut le domicile d’Alhadji Boubacar Barry, commerçant avant de l’assassiner et d’enlever son meilleur ami depuis l’enfance.
Aux alentours de la soirée du jeudi 29 octobre 2026, une dizaine de véhicules pick-up lourdement armés ont encerclé sa résidence, selon notre source d’information. Les assaillants, vêtus d’uniformes militaires et armés jusqu’aux dents, ont pénétré dans la concession avec une aisance déconcertante, comme constaté sur la vidéo qui est devenue virale sur les réseaux sociaux.
À leur arrivée, ils sont tombés sur le gardien et un ami d’enfance de la victime, Baba Traoré. À la question de savoir où se trouvait le maître des lieux, ces derniers ont d’abord tenté de protéger Boubacar Barry en répondant qu’il était absent. Une tentative rapidement déjouée par les assaillants, « Pourquoi mentir alors que son véhicule est garé ici ? », auraient-ils répliqué avant de gifler son ami Baba Traoré.
Menacé par au moins cinq armes à feu, Baba Traoré a été forcé de conduire les assaillants à l’étage, directement dans la chambre d’Alhadji Boubacar. Une altercation violente a éclaté sur place, suivie de coups de feu mortels.
Après avoir abattu Boubacar Barry à son domicile, les assaillants ont traîné son cadavre hors de la maison pour le charger dans le coffre de sa propre voiture. Ils ont ensuite quitté les lieux en emportant les deux véhicules qui étaient garés dans la cour.
Au-delà de l’assassinat, la maison a été entièrement nettoyée. Téléphones, ordinateurs portables et même des écouteurs, tout le matériel électronique a été confisqué. Au moment des faits, seules deux jeunes filles universitaires et le jeune Alhadji Boubacar se trouvaient dans la concession, plongés dans la terreur.
L’affaire prend une tournure encore plus sombre avec le kidnapping de Baba Traoré, l’ami d’enfance de la victime. Embarqué par les assaillants avec le visage masqué, le jeune homme est resté introuvable depuis cet acte tragique.
Quelques heures après son enlèvement, Baba Traoré a réussi à passer un appel désespéré au petit frère de Boubacar Barry depuis son propre téléphone portable, le seul appareil que les ravisseurs n’avaient pas encore saisi. Le visage couvert, incapable de préciser le lieu où il était détenu, il a expliqué sous la contrainte que ses ravisseurs réclamaient une rançon sous peine de l’exécuter.
Une somme comprise entre 2 et 3 millions de francs guinéens a immédiatement été transférée sur son numéro. Depuis ce paiement, la ligne ne répond plus et tous les appels restent infructueux. La famille de Baba Traoré demeure sans nouvelles et craint le pire.
Dans la capitale, l’émotion laisse place à l’indignation et aux questions. Au vu du mode opératoire, du nombre de véhicules déployés (une dizaine de pick-up) et du niveau d’équipement des assaillants, la piste de bandes armées indépendantes semble écartée par les proches et les observateurs locaux.
Tous les regards se tournent vers les Forces de l’ordre, actuellement au pouvoir. Dans un climat de peur où peu de voix osent s’élever ouvertement, l’opinion publique s’interroge sur les motivations d’un tel crime et réclame que toute la lumière soit faite sur cet assassinat et la disparition de Baba Traoré.
Le corps Alhadji Boubacar a été rendu à sa famille. Destination Siguiri où son inhumation est prévue ce jeudi, sauf par changement de dernière minute.
Affaire à suivre
Ibra Barry journaliste d’investigation