COVID-19 : le personnel soignant exige le paiement d’une prime de 15 millions de francs
Le personnel soignant de la Covid-19 en Guinée décide enfin de sortir de son silence pour dénoncer le non-respect des engagements pris par l’Etat. En marge d’une manifestation organisée lundi 02 novembre dernier à Donka dans la commune de Dixinn, ces médecins exigent au régime de Conakry le paiement d’un montant de 15 millions GNF par personne comme prime exceptionnelle annoncé dans la deuxième phase du plan de riposte économique contre la Covid-19.
Des pancartes en main et des slogans de réclamation de leur prime »nos primes » régnaient devant l’hôpital CHU de Donka. Habillés dans leurs tenues de travail, les médecins ont massivement répondu à l’appel.
Dans son intervention, le coordinateur du collectif a fait savoir que le gouvernement à travers le premier Ministre avait annoncé avoir remis le montant au Ministre de la santé.
« Personnel parmi nous n’a reçu ses primes exceptionnelles. Nous avons épuisé toutes les pistes administratives. Nous avons eu des réunions de concertation. A chaque fois qu’on nous revient ça reste lettre morte. Nous nous pensons tant qu’intellectuels quand le chef du gouvernement parle, il engage toute une nation. Nous ne nous sommes pas politiques, nous sommes médicaux, nous ne suivons que nos malades. Nous ne sommes dans ces combines politiques, nous réclamons nos primes exceptionnelles. L’ANSS, le ministère de la santé et la primature peuvent se concerter pour nous donner nos primes c’est tout ce que nous voulons. Tant que nous n’aurons pas nos primes, nous allons continuer à manifester. Si ça continue jusqu’au 13 novembre, nous allons arrêter nos activités », a prévenu Kaba Keita, coordinateur du collectif.
Salaire dérisoire, conditions de travail difficile, ces soignants sont exposés à plusieurs intempéries dans l’exercice de leur métier surtout en cette période de covid-19. Une raison de plus qui pousse ces médecins à dénoncer l’injustice dont ils font l’objet.
« En tant que personnel soignant, nous sommes toujours prêts à accompagner nos malades. Mais nous ne sommes pas prêts à ce que le gouvernement nous tient ses promesses et qu’il ne les réalise pas. On travail dans des conditions pénibles mais puisqu’on soit personnel soignant, nous sommes obligés de le faire puisqu’on doit toujours apporter nos efforts à nos patients. Les primes exceptionnelles qu’on nous a promis on devrait rentrer en possession de ça depuis le 23 juin et jusqu’à présent on n’a rien reçu », a indiqué Dr Elisabeth Doualamou, infirmière
Si rien n’est fait dans une semaine pour rétablir les médecins dans leur droit, le Collectif compte arrêter toutes les activités dans les différents centres de traitement épidémiologique à partir du lundi prochain.
Ibrahima BARRY