Guinée : vie de l’État, que des mesures à feu de paille !
Depuis 2010, plusieurs mesures ont été prises par le régime Alpha Condé pour la bonne marche de la République mais qui se font oublier au bout de quelques temps. C’est le cas notamment de l’interdiction de la circulation des gros porteurs sur certains axes routiers à certaines heures, activités commerciales sur le pont de Madina, les sirènes dans la circulation, l’importation des vieilles voitures, vente du carburant sur le marché noir, occupation des abords des marchés, parrainage des cérémonies par les hauts cadres, la circulation des motocyclistes sans casque, l’interdiction aux forces de défense et de sécurité de circuler dans les quartiers avec leurs armes.
Pour ce qui est de l’occupation anarchique de la chaussée, des marchands ont été plusieurs fois déguerpis mais quelques semaines après, on constate le retour de ces marchands en majorité de femmes avec la complicité des autorités policières et les responsables des marchés. Ce, malgré la mise en place des murets. Certains observateurs s’accordent à dire que cela est dû au manque de suivi. Comme dit un adage peulh je cite «Celui qui veut prendre un oiseau dans les mains d’un enfant, doit lui donner ce qui ressemble à un oiseau».
Il y a quelques temps, les autorités avaient interdit aux marchands ambulants de s’arrêter sur le pont de Madina, là aussi, des jeunes et des femmes marchands s’y aventurent.
Dans le cadre de la réforme des forces de défense et de sécurité, les autorités avaient interdit aux hommes en tenue de circuler dans les quartiers avec leurs armes. Aujourd’hui, le constat est que certaines brebis galeuses refusent de s’aligner derrière cette mesure. Ils sont visibles même dans les véhicules de transport en commun.
Quant aux mesures concernant les camions, il avait été dit à ce niveau que ces gros porteurs ne devaient pas être dans la circulation à n’importe quel moment. Il est regrettable de constater qu’ils sont visibles à tout moment et sur toutes les artères de la capitale causant des embouteillages interminables et parfois des des accidents mortels. Le hic est que le plus souvent ils sont accompagnés par des agents des forces de l’ordre.
Dans un décret du Président Alpha Condé, les sirènes dans la circulation avaient interdites à n’importe qui. Cela n’avait été autorisé qu’au chef de l’État et certains présidents d’institutions républicaines dont le président du parlement et celui de la Cour Constitutionnelle. Aujourd’hui, il est regrettable de constater que n’importe qui utilise les sirènes dans la circulation. Il est fréquent de voir un simple chauffeur d’un véhicule de commandement d’un cadre de l’administration utiliser la sirène pour se frayer un chemin. Des agents ndes forces de défense et de sécurité sont également pointés du doigt dans cette pratique.
L’importation des vieilles voitures âgées de plus de huit ans avait été interdite il y a quelques années. Une mesure qui n’avait été qu’un feu de paille. Il y a quelques jours, le président Alpha Condé a pris deux nouveaux décrets dans ce sens. Le dernier fixe la moyenne d’âge à importer à 13 ans.
La vente du carburant sur le marché noir, c’est à dire en dehors des stations services est interdite depuis plusieurs mois. Le constat sur le terrain démontre que cette pratique continue de plus belle au vu et su de tous à Conakry et à l’intérieur du pays.
Au début du deuxième mandat du professeur Alpha Condé, il avait été interdit aux hauts cadres de l’administration publique comme les ministres, directeurs et autres responsables de parrainer certaines cérémonies. Cette autre mesure a été plus qu’un mort-né.
L’autre mesure que nous avons répertorié est l’interdiction aux motards de circuler sans le port du casque. La réalité est que rares sont les motards qui respectent cette mesure. Certains portent le casque juste lorsqu’ils arrivent au niveau des rond-points où des agents des services de sécurité sont souvent postés.
À la lumière de ce constat, il ressort que la plupart de ces mesures n’ont été que des mesures à feu de paille ! À qui la faute ?
Aliou Barry