Toutes les infos en direct sur la Guinée

BREAKING NEWS

Lettre ouverte à Mamadi Doumbouya, pseudo Général devenu Dictateur [Par Oumar Barry]

0

Monsieur le Général autoproclamé,

Vous avez renversé le régime d’Alpha Condé, un régime qui n’était certes pas un modèle de démocratie, mais qui ne pouvait pas être comparé à la brutalité et à la terreur que vous imposez aujourd’hui aux Guinéens. Alpha Condé, bien qu’ayant dérivé vers des pratiques autoritaires, n’avait pas encore atteint la ligne de la dictature totale que vous avez franchie à bras-le-corps. Vous, Mamadi Doumbouya, qui étiez un simple légionnaire, un homme de l’ombre, avez été nourri par ce même système pour atteindre des postes de pouvoir. Ce sont les mêmes institutions que vous avez renversées qui vous ont permis de vous élever, d’acquérir ce pouvoir, et d’imposer aujourd’hui un régime bien plus oppressif que celui que vous avez renversé.

Il est ironique et profondément hypocrite que vous vous posiez aujourd’hui en « sauveur » et « libérateur« , alors que vous avez vous-même bénéficié de ce système qu’Alpha Condé a dirigé. Vous avez pris le pouvoir par la force, sous prétexte de mettre fin à un régime autoritaire, mais vous avez transformé la Guinée en un état de terreur où la répression, les exécutions extrajudiciaires et l’intimidation sont devenues la norme. Vous avez fait un million de fois pire que ce que vous dénonciez.

Si, sous Alpha Condé, les Guinéens subissaient des dérives autoritaires, sous votre régime, c’est la peur qui gouverne. Vous avez instauré un climat de répression sans fin, où l’on ne sait plus qui sera arrêté, torturé ou tué le lendemain. Le régime que vous avez imposé est une dictature, bien plus cruelle que celle de votre prédécesseur. Là où vous auriez pu instaurer la paix, la justice et la réconciliation, vous avez choisi la violence, la torture et l’écrasement de toute opposition.

Je vous pose cette question, non pas à vous en tant que leader, mais à vous en tant qu’homme :

Madame Doumbouya Mandioula Sylla, est-elle fière d’avoir un fils qui a choisi de devenir un bourreau ? Un fils qui, chaque jour, se couvre les mains de sang, qui fait régner la terreur dans son propre pays, et qui ne cesse d’infliger des souffrances insupportables à son peuple ? Est-ce qu’elle regarde son fils et se dit qu’il a honoré son nom et sa famille en devenant un dictateur sanguinaire ?

Vos enfants, doivent-ils grandir en sachant que leur père tue des innocents chaque jour, qu’il a choisi de se nourrir de la souffrance des autres pour maintenir son pouvoir ? Est-ce cela l’héritage que vous voulez leur laisser ? Est-ce qu’ils vous regardent et se demandent pourquoi leur père se cache derrière des uniformes et des armes au lieu de défendre la paix et la justice ?

Madame Lauriane Doumbouya, en tant que femme et compagne, êtes-vous fière de l’homme que vous avez choisi de soutenir ? Quelles valeurs lui transmettez-vous lorsque vous êtes témoin de son indifférence à la douleur humaine ? Est-ce cela le modèle que vous souhaitez offrir à vos enfants ? Un père qui règne par la peur et la violence, un époux qui ne connaît que le pouvoir et l’intimidation ?

Monsieur Doumbouya, permettez-moi de vous rappeler que dans l’Islam, l’injustice, le meurtre et l’oppression sont des actes gravement condamnés par Allah, et que les conséquences de ces actes sont sévèrement décrites dans le Saint Coran.

Allah dit dans la Sourate Al-Baqara (2:190) :

« Et combattez dans le chemin d’Allah ceux qui vous combattent, mais ne commettez pas d’agression. Car Allah n’aime pas les agresseurs. »

Ce verset nous rappelle que la lutte pour la justice est permise, mais l’agression et l’injustice sont interdites, et Allah n’aime pas ceux qui commettent de telles injustices.

Dans la Sourate Al-Ma’idah (5:32), Allah précise :

« C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les enfants d’Israël que quiconque tue une âme sans raison (ni pour une âme ayant tué une autre âme), ou pour semer la corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué toute l’humanité. Et quiconque sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé toute l’humanité. »

Ce verset souligne que celui qui tue une âme innocente commet un crime aussi grave que celui de tuer toute l’humanité. Votre répression et vos actes violents sont des crimes contre l’humanité, et vous en serez responsable devant Allah.

Le Coran avertit également dans la Sourate An-Nisa (4:93) :

« Quiconque tue un croyant délibérément, sa rétribution sera l’Enfer, où il demeurera éternellement. La colère d’Allah s’abattra sur lui, et Il l’aura maudit, et Il lui préparera un châtiment terrible. » 

Cela montre que le meurtre injuste, en particulier celui d’un croyant, entraîne des conséquences terribles, tant dans cette vie que dans l’au-delà. Vous devez réfléchir à l’ampleur de vos actes.

Dans la Sourate Al-Isra (17:33), il est dit :

« Et ne tuez pas l’âme qu’Allah a rendue sacrée, sauf en toute justice. Et quiconque est tué injustement, Nous avons donné à son proche autorité (pour la vengeance). Mais qu’il ne dépasse pas les limites dans le meurtre. Il est certes aidé par Allah. »

Ici, Allah nous rappelle que la vie humaine est sacrée, et que la rétribution pour un meurtre injuste est inévitable. Vous devez rendre des comptes pour les souffrances que vous avez infligées à votre peuple.

Je vous laisse avec ces versets et ces rappels. En tant que musulman, vous devez réfléchir aux conséquences de vos actions. Les injustices, les meurtres et la répression que vous avez imposés ne resteront pas sans réponse. Allah, dans Sa justice infinie, ne laissera pas ces actes impunis, et vous serez jugé pour tout ce que vous avez fait.

Monsieur Doumbouya, il est encore temps pour vous de réfléchir à la manière dont l’histoire vous jugera. Ce que vous faites aujourd’hui, cette violence gratuite, cette oppression aveugle, ne restera pas dans l’oubli. L’histoire se souviendra de vous, mais elle ne vous jugera pas par les puissances que vous avez conquises, ni par les promesses que vous avez faites. L’histoire se souviendra de vous par la souffrance de notre peuple et la destruction de notre démocratie.

Le sang des innocents que vous avez versé pour installer votre pouvoir vous hantera. Et vous, vos proches, et votre entourage devront un jour affronter la réalité des conséquences de vos actions.

Je vous laisse avec ces questions, en espérant que, dans un moment de réflexion, vous trouverez en vous la force de changer. Votre pouvoir ne dure qu’un temps, mais l’impact de vos actions sur le peuple guinéen résonnera bien au-delà de votre mandat.

Le peuple de Guinée n’oubliera jamais.

Oumar Barry

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite

Politique de confidentialité et de cookies
Partager