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Me Salifou Béavogui : « Aujourd’hui, les journalistes guinéens ne peuvent plus travailler sans être inquiétés »

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Le procès qui oppose l’animateur de l’émission Africa 2015, de la radio Nostalgie FM à l’actuel Ministre des sports Sanoussy Bantama Sow, s’est ouvert ce mercredi 10 mars 2021 au tribunal de première instance Kaloum.

Avant l’ouverture du procès nous avons constaté l’absence du ministre Bantama sow et son avocat au TPI de Kaloum. Mais, les avocats de la defense du journiste Marouane Camara, constitués de Me Souleyemane Barry et Me Salif Béavogui, n’ont pas tardé de soulever : « une exception d’inconstitutionnalité, en se basant sur les articles 108 et 110 de la loi organique du CTN du 22 juin 2010, portant sur la liberté de la presse. Et, sur la base des articles 451 733 du code de procédure pénale et des articles 10, 11 suivants la loi fondamentale de la République de Guinée, ainsi que les articles 18 et 41 de la loi organique, la loi vous oblige à surseoir à statuer et vous oblige à refermer le dossier et le remettre au greffier qui va le remettre à la Cour constitutionnelle, qui va statuer dans 15 jours de la saisine, sur les exceptions soulevées ci-haut. Nous prions d’accepter de sursoir et de statuer sur cette affaire, suite aux exceptions soulevées par la défense« .

Très remonté contre la justice guinéenne qui veut freiner la liberté d’expression : « qu’aujourd’hui, les journalistes ne peuvent plus travailler. Si vous publiez tout suite un article qui dérange, au lieu que les personnes ne prennent la direction de la radio pour aller apporter leur droit de réponse, courent vite pour aller rencontrer les procureurs, le commissaire, la police, la gendarmerie pour essayer d’inquiéter les journalistes dans leurs métiers . Je me demande si on est dans le même dossier« , déplore l’avocat des causes difficiles Me Beavogui.

Le substitut du procureur qui représente le ministère public a, dans son argumentaire déclaré : « l’exception prononcée par la défense est purement dilatoire. S’ils ne veulent pas qu’il soit jugé, je ne sais pas alors. On parle d’injures et diffamations. Est-ce que vous avez les pouvoirs de juger et de statuer sur ce dossier, Selon l’article 76 de la loi 002 portant sur les libertés de la presse s’interroge t-il. Il est dit d’éviter les amalgames . Je n’ai pas dans le dossier, une carte de presse professionnelle délivrée par la HAC ou un diplôme qui atteste qu’il est journaliste« .

Cette explication du substitut qui représentant le Ministère public, n’a pas été le goût de Me Salif Béavogui : « Le ministre des Sports, Bantama Sow qui, malgré qu’il est régulièrement cité à comparaître en tant que partie civile, n’a pas comparu, ni se présenter ni constituer d’avocat. Ce qui signifie qu’il n’a aucun intérêt dans cette affaire. D’ailleurs, l’objectif premier ayant échoué, c’est-à-dire emprisonné M. Marouane à partir de la police. Cet objectif ayant échoué, il n’a aucun intérêt dans cette affaire qui est tombée dans les mains d’un procureur qui décide de poursuivre cette affaire. Ce qui est son droit, mais nous aussi notre droit, c’est d’opposer toute suite l’inconstitutionnalité« , explique t-il.

Le tribunal a renvoyé l’affaire au 29 mars 2021 afin que le juge se prononce sur l’exception de la procédure. Et , pour rappelle , le journaliste Marouane Camara est poursuivi par le Ministre d’État pour « injure et diffamation qui porte atteinte à l’honneur et à la dignité ».

Zézé Guilavogui

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