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Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu?

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La Guinée, un pays doté de toutes les potentialités naturelles (eau, or, diamant, bauxite…) où les activités du secteur primaire (agriculture, élevage et pêche) sont favorables à cause de son climat. Mais avec tous ces atouts les guinéens sont-ils heureux ? Ma réponse est non! Encore non!

Décryptage : Devenue indépendante le 2 octobre 1958 après 60 ans de domination française, la Guinée fut le troisième pays de l’Afrique au sud du Sahara à obtenir son indépendance, derrière le Liberia et le Ghana. Mais elle reste et demeure aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres au monde, car 90% de sa population vivent dans une misère exécrable. Beaucoup de familles guinéennes trouvent difficilement du manger et une fois malades, ils n’ont pas les moyens de se faire soigner dans les grands centres hospitaliers. Pourtant Dieu a mis tout à la disposition de ce pays pouvant le permettre de devenir un véritable paradis terrestre. Mais hélas, est-ce qu’il a eu de bons dirigeants? Non, pas du tout! La Guinée n’a jamais eu un Président visionnaire, réaliste et déterminé pour donner aux guinéens tous les bonheurs souhaités à la hauteur des richesses de leur pays. De surcroît, ils se sont tous faits entourés par des cadres corrompus dont le seul souci est l’enrichissement personnel. De l’indépendance à nos jours le pays ne dispose que de deux hôpitaux nationaux (Ignace-Deen et Donka). Deux stades de football (28 Septembre et Nongo). Là aussi un, si on sait que le premier appartient encore à la même université. Combien de quartiers et villages de Guinée n’ont pas d’école ? Ils sont nombreux. À Conakry n’eût été l’existence des écoles privées, plusieurs enfants et jeunes du pays allaient se retrouver dans les rues par manque d’infrastructures scolaires. Étant le château d’eau de l’Afrique occidentale les gouvernants sont incapables de fournir de l’électricité aux citoyens à travers des barrages hydroélectriques. Combien de jeunes diplômés guinéens sont au chômage? Ils sont des milliers pour ne pas dire des millions. En se servant du passé, on dira que la première république, dirigée par le feu Président Sékou Touré a échoué. Il s’est employé à ruiner la concorde nationale par un réseau de police occulte, à liquider les opposants et à anéantir les libertés des citoyens. Le centralisme excessif, l’étatisation du commerce, la ruine de l’agriculture, l’effondrement de l’économie, la répression de la qualité de l’enseignement, l’isolement international du pays, la fuite des cadres pour échapper à la prison et à la mort. Par ailleurs, le traumatisme et l’effroyable condition de vie au camp Boiro sont des illustrations du régime tyran.

Le juriste Salifou Soumah
Le juriste Salifou Soumah

À sa mort le 26 mars 1984 l’armée prit le pouvoir le 3 Avril de la même année instaurant la deuxième république ayant à sa tête le colonel Lansana Conté. Des milliers de prisonniers furent libérés, le libéralisme prôné à la place du socialisme et s’engage avec les institutions de Breton Woods). L’espoir renaît chez beaucoup de guinéens. Mais dès 1985 une répression sanglante fut engagée contre les auteurs du coup d’État voulant le renverser. Des centaines de personnes sont tuées. En 1990 il fait adopter par référendum une loi fondamentale instituant le multipartisme. Si le pays est passé du parti unique à une quarantaine de formations reconnues et d’un journal à une cinquantaine de titres indépendants déclarés, il n’a cessé d’aller au rebours sur le chemin de la démocratie et du respect des droits de l’homme. Le scrutin présidentiel de décembre 2003 et les législatives de juin 2002 boycottés par tous les partis importants de l’opposition sont des exemples. L’économie du pays s’était détériorée à un rythme inquiétant. De Conakry au Mandingue, de Fouta à N’zerekore, les guinéens vivaient très mal. La misère était partout.

Le paysan soldat mourut le 22 Décembre 2008 laissant derrière lui un pays totalement ruiné. Le 23 Décembre après de longues tracasseries, Capitaine Moussa Dadis Camara s’autoproclame chef de l’État. Il promet de rendre le pouvoir aux civiles, de s’attaquer à la misère et aux narcotrafiquants. Malheureusement pendant son temps on constata l’enrichissement illicite et la corruption à un degré incalculable. Sa probable candidature à la présidentielle le conduit en erreur. Il était discrédité aux yeux des millions de guinéens. L’homme de Koulé était venu comme un messie mais il est parti comme une petite personne. Voulant tirer les guinéens de la souffrance, les problèmes s’étaient plutôt multipliés au cours de son petit règne. Des centaines de guinéens ont péri le 28 septembre 2009 sous les balles de ses hommes. Voulant jouer aux jeux dangereux, le bouillant Capitaine a été victime d’une tentative d’assassinat de la part de son aide de camp dans un camp militaire de la capitale.

Il partit se soigner au Maroc, puis revint s’installer au Burkina Fasso où il vit toujours.

Le général Sékouba Konaté assure l’intérim. Pendant cette transition aussi l’économie du pays est totalement ruinée. La misère du peuple s’amplifie. À l’issue des élections le Professeur Alpha Condé, l’opposant éternel pour ne pas dire historique fut élu Président de la République avec 52,52% selon la Commission Nationale Indépendante (CENI). Il est alors le premier Président démocratiquement élu de ce pays. Le rêve d’assister à un changement positif sur tous les plans en Guinée animait tous les guinéens même ceux qui n’avaient pas voté pour lui.

Malheureusement après l’investiture de l’homme de la troisième république les mêmes problèmes que la Guinée et les guinéens connaissaient avec les régimes précédents sont revenus qui sont entre autres : la corruption, la pauvreté, l’insécurité, les arrestations arbitraires, le chômage et la répression sanglante des manifestations sociales et politiques. Au niveau de la population le sang continue à couler injustement. Ni l’annonce de la pandémie par l’OMS, ni les premiers cas de malades du covid-19 dans les hôpitaux, ni les menaces du FNDC, ni les boycotts des principaux partis d’opposition n’ont fait reculer Monsieur Condé à organiser les élections du 22 Mars entraînant la mort de plusieurs pauvres et innocents citoyens. Depuis son arrivée, le système éducatif guinéen est complètement bafoué. Le système sanitaire aussi totalement détérioré. Beaucoup de guinéens ont des problèmes de trouver un plat par jour. D’autres se nourrissent du riz arrosé d’une sauce sans huile, ni condiments adéquats. Le pays importe tout ce que sa population consomme comme du riz alors qu’il a des vastes plaines cultivables. L’agriculture comme tous les autres secteurs est morte en Guinée, cela constitue une honte. Il nous faut clamer publiquement notre honte !

C’est pour dire que depuis l’ère coloniale, les guinéens continuent à souffrir énormément malgré ses ressources minières. Premier réservoir de bauxite mondiale. Est-il une malédiction pour ce pays de ne connaître que la souffrance ? Et des dirigeants malhonnêtes, On n’en sait rien.

Mais un pays si riche en ressources du sol et du sous-sol comme la Guinée, lorsqu’il aura la chance d’être dirigé par un Président visionnaire, réaliste, patriote et altruiste nous restons optimistes et convaincus que les guinéens connaîtront du bonheur en bénéficiant des ressources de leur pays. Ainsi le monde entier se drainera vers la Guinée. Pour cela il faut impérativement un homme providentiel pour sauver la Guinée. Ceci implique que le référendum constitutionnel de Monsieur Condé venu pour anéantir notre démocratie acquise au prix de grands sacrifices en instituant la nomination des chefs de district et de quartier, jusque-là élus et instaurer la présidence à vie doit être mis de côté. Avec l’échec total de ce régime, et son système juridique corrompu, l’heure est maintenant au changement. Donc le mieux est de faciliter l’alternance au pouvoir en vue de donner une nouvelle chance de développement à la Guinée qui a tant souffert. L’espoir réside alors avec l’homme de la quatrième république, qui serait-il? L’avenir l’édifiera

Je clos cet article par la phrase d’un homme politique français, je cite « Nous sommes parvenus à une situation ou hésiter serait pire qu’une erreur, ce serait une faute. Le besoin de changement est si radical que tout conservatisme, toute frilosité, serait à mes yeux impardonnable » (Ancien premier ministre Monsieur Édouard Philippe ).
Salifou SOUMAH, juriste

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