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Médias : Quand la retraite sonne le glas de la vie, le cri du cœur de Boubacar Yacine Diallo

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À l’occasion de la célébration du 49e anniversaire de la télévision nationale, le siège de la Haute Autorité de la Communication (HAC) a prêté son cadre, ce jeudi 14 mai, à une cérémonie de reconnaissance chargée d’émotion. Face aux pionniers qui ont fait les beaux jours du petit écran guinéen depuis son lancement en 1977, le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, a prononcé une phrase qui résonne encore comme un coup de tonnerre, « La retraite en Afrique, c’est le début d’un décès. »

Une déclaration puissante, presque brutale, qui lève le voile sur un tabou sociétal et tire la sonnette d’alarme sur la condition précaire des seniors sur le continent.

Loin d’être un simple constat fataliste, la sortie du président de la HAC est un cri du cœur ancré dans une réalité socio-économique implacable. En Guinée comme dans de nombreux pays africains, franchir le cap de la retraite s’apparente trop souvent à une descente aux enfers.

Le premier coup de massue est économique. Du jour au lendemain, la perte des indemnités de fonction et le basculement vers des pensions de retraite, souvent dérisoires ou irrégulières, plongent les anciens cadres dans une vulnérabilité financière extrême. C’est précisément au moment où l’organisme faiblit et que les frais médicaux augmentent que les ressources s’évaporent.

Pour ces pionniers de la RTG, qui ont consacré leur jeunesse à bâtir la conscience nationale à travers le petit écran, le choc est aussi psychologique. Passer de la lumière des projecteurs, de l’influence et de l’effervescence des rédactions au silence de l’anonymat provoque un sentiment d’inutilité dévastateur. En l’absence de structures de reconversion ou de valorisation de leur immense expérience (comme le mentorat ou le conseil), ces figures publiques subissent une véritable « mort sociale » bien avant le décès biologique.

L’argument de la solidarité familiale africaine, souvent brandi comme un bouclier, montre aujourd’hui ses limites.

Face à la cherté de la vie et au chômage, la jeune génération peine à soutenir ses aînés. Pour ces fiers serviteurs de l’État, se retrouver à la charge d’enfants eux-mêmes en difficulté est une ultime blessure à leur dignité.

Si la cérémonie de ce jeudi a permis de saluer le courage et le patriotisme des pionniers de 1977, le discours de Boubacar Yacine Diallo sonne comme un plaidoyer pour l’avenir. Les hommages ne doivent plus être posthumes.

Pour que la retraite ne soit plus synonyme de fin de vie anticipée, il est urgent de repenser la protection sociale de ceux qui ont servi la nation. Revaloriser les pensions, garantir une couverture santé universelle pour les troisièmes âges et institutionnaliser la transmission du savoir entre anciens et nouveaux journalistes, tels sont les chantiers indispensables pour que vieillir en Afrique devienne enfin une grâce, et non une sentence.

Par la Ibra Barry

Tel: 620107071

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