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Et si l’élection présidentielle prochaine était une occasion rare pour les Guinéens à ne jamais manquer?

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Ibrahima Kandja Doukouré
Ibrahima Kandja Doukouré
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Quand on trouve un homme blessé et saignant abondamment, il est plus important de commencer par arrêter l’hémorragie et après, faire le pansement. Cet homme peut-être l’image actuelle de la Guinée: les partis régionaux et ethniques risquent de donner naissance aux partis préfectoraux et ainsi de suite. Sans oublier qu’à chaque élection, les Guinéens risquent de s’entretuer et de s’en prendre aux biens des uns par les autres.

En un mot, si on ne se lève pas toute de suite pour limiter les dégâts et après, faire le pansement nécessaire, les choses s’en iraient de mal en pire. C’est pourquoi, il est fondamental de souligner que l’élection présidentielle du 18 octobre prochain est une occasion rare que tous les Guinéens, en dépit de leurs provenances régionales, ethnies, religions et genres, doivent patriotiquement et massivement saisir. Elle nous appelle à non seulement penser sur notre passé et notre présent mais aussi de décider vaillamment que nous voudrions tous un avenir radieux dans la paix sociale et dans le progrès économique. Pour y arriver, personne n’a besoin de souligner qu’il faut élire le président de la république en se basant uniquement sur les programmes de société plus réalistes et cohérents et d’être capables de juger celui-ci aux prochaines échéances en agissant en conséquence. Il faut mettre en hors-jeu tous les partis ethniques et leurs candidats qui n’ont dans la bouche qu’ethnies ou régions.

Comme nous l’avions dit pendant les dix (10) dernières années, si nous transformons les compétitions politiques en soutiens parentaux, alors nous devrons comprendre naturellement que chaque politicien guinéen en a qui, il peut compter. Le malheur dans ça est que nous risquons de ne jamais élire ceux qui sont compétents ou ont des programmes réalistes et cohérents; nous risquons aussi de nous en prendre aux uns par les autres à chaque calcul de pourcentages ethniques; nous risquons de ne jamais vivre dans la paix sociale et le développement socio-économique sera ainsi une illusion.

D’un côté, imaginons que nous sommes dans des compétitions plus justes dans lesquelles chacun a besoin de choisir les chemins honnêtes pour être élu. Je vais être élu et tu veux la même chose, donc chacun de nous a besoin de se trouver un programme cohérent et réaliste; et surtout, doit être capable de le défendre en disant pourquoi il est le meilleur et quelles sont ses qualités personnelles pour pouvoir le mettre en œuvre. Ainsi, on peut s’affronter dans des débats ou utiliser tous autres moyens de communication pour nous soumettre aux jugements des électeurs. Celui qui sera élu, sera dans doute celui qui réussira à convaincre plus des électeurs à cause de la pertinence de ses projets, et de ses qualités personnelles ou expériences. A la prochaine élection, l’élu doit présenter son bilan et si l’écart entre les promesses dites et les réalisations concrètes est énorme, les électeurs décideront en conséquence. Le problème est que tous ceux-là semblent trop compliqués pour la plupart de nos politiciens actuels car être élu signifierait de présenter quelque chose aux électeurs, de démontrer ses qualités personnelles et éventuellement, de savoir présenter un bilan à la fin d’un mandat. Pensez-vous que si nous avions ce genre de compétitions politiques, ceux qui nous polluent la vie d’aujourd’hui, auraient-ils eu leurs postes actuels ou seraient-ils élus? La réponse est facile et chaque Guinéen et Guinéenne en mettant à côté sa passion peut en trouver.

De l’autre côté, nous sommes en débats politiques et chacun de nous veut être élu. Personne n’aura besoin d’un programme quelconque et ni de parler de ses compétences et expériences. Non plus, personne n’aura besoin de présenter un bilan quelconque à la fin d’un mandat car chacun de nous n’a juste besoin qu’à mentir, tromper et manipuler sa famille, son ethnie ou sa région pour avoir les militants. Pire, tous les moyens sont les bienvenues pour droguer incessamment nos parents appelés militants pour rester mobilisés derrière nous et prêts à s’en prendre aux autres à la moindre occasion. Ainsi, les Guinéens s’entretuent à chaque calcul de pourcentages ethniques, s’en prennent aux biens des uns par les autres et après, le camp perdant ne laisse point l’autre diriger le pays tranquillement. Le pays ne va nulle part car ses habitants se haïssent, ne fouettent absolument rien que s’entretuer et de détruire les biens des uns par les autres. Bien évidemment, les politiciens qui font ça gagnent toujours car ils peuvent facilement se faire élire en espérant même de garder leurs postes avec ou pas des compétences et des éventuels bilans. Pensez-vous que les gens qui ont fait toutes leurs vies dans ça et peuvent se faire élire facilement à n’importe quel poste électif, puissent l’abandonner d’un seul coup? La réponse est aussi facile et il reviendra à nous de le faire parce qu’ils gagnent toujours et nous perdons toujours.

Mes chers compatriotes de toutes les ethnies, régions et de tous les genres, on est en train dire que tant qu’ils nous parlent d’ethnies ou de régions, … dans la politique, nous n’élirons jamais les compétents mais plutôt les menteurs et propagandistes; nous ne nous parlerons jamais et ni de nous regarder comme les Hommes d’un même pays; et nous pouvons ainsi oublier du bonheur de nous tous parce qu’il ne tomberait point du ciel. Vous savez que nous soyons malinkes, peulhs, soussous et forestiers en général, nous avons les mêmes problèmes: au 21eme siècle, nous n’avons pas quotidiennement de l’eau potable et de l’électricité; nous ne mangeons pas comme il le faut et ni ne vivons dans des maisons dignes; nous n’avons pas suffisamment des routes bitumées et ni les moyens des transports adéquats; bref, nous souffrons et notre exemple est très rare parmi tous les pays qui nous environnement. Pire, nous nous entretuons comme les moutons et détruisons les biens des uns par les autres pour des pures bêtises.

Si nous mettons à côté les politiciens ethnocentristes et la presse manipulatrice, nous pourrons ensemble nous parler, de prendre connaissance de notre situation lamentable et de l’améliorer. Comme l’a souligné celui qui forma Barack Obama comme organisateur communautaire à Chicago: “Dès que tu mets à côté la politique et la presse, les gens trouvent plus facilement ce qu’ils ont en commun”. On n’interdira pas la politique et ni la presse d’ailleurs mais nous devons les orienter et refusons le contraire.

Enfin, l’élection présidentielle prochaine est une des rares occasions qui peuvent nous permettre de limiter immédiatement les dégâts de nos politiciens ethnocentristes et de la presse généralement manipulatrice; on vous appelle donc à voter massivement pour les candidats qui ont des programmes cohérents, réalistes et ne sont pas soutenus par les partis ethniques et n’en parlent point les mots ethnies, régions, genres et religions. Choisissez aujourd’hui les candidats qui parlent moins ou pas de l’ethnie. Surtout, méfiez-vous de tous les regroupements fortement ethniques dont l’UFDG et le RPG Arc-en-ciel sont à la tête ainsi que leurs alliés parce qu’on ne croit pas qu’ils puissent vivre aujourd’hui sans le mot « ethnie ou région ».

Avec deux candidats compétents et non-ethnocentristes au deuxième tour et un d’entre eux comme le futur président de la république, notre souci principal sera comment les choses évoluent et pas des tueries et les destructions des biens des uns par les autres. Plus important, on pourra facilement lui juger aux prochaines élections et agir en conséquence. Ainsi, nous verrons qu’on nous parlera moins d’ethnies comme fonds de commerce aux élections locales et législatives prochaines et nous pouvons être sûrs que personne n’en parlera à la présidentielle de 2026.

Après les enterrements ou les déplacements de débats politiques, nous pouvons réviser notre histoire commune aux yeux de la vérité, panser les plaies et aboutir à une vraie réconciliation nationale en faisant en sorte que les conneries que nos parents ont vécues, que nous sommes en train de vivre, ne se produiront point dans le futur. Nous verrons que d’ici 2030, nous allons dépasser tous les autres pays de l’Afrique occidentale sur tous les plans.

Ibrahima Kandja Doukouré, New York

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