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Guinée : Droits de l’homme et des travailleurs de la SOGUIPAH, Amnesty International interpelle l’État guinéen sur la situation précaire de ses travailleurs

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Droits fondamentaux de l’homme et conditions de travail des employés de la Société Guinéenne de Palmiers à Huile et d’Hévéas SA (SOGUIPAH) de N’zérékoré, l’ONG Amnesty International exprime ses profondes préoccupations et lance un appel pressant à l’État guinéen face à cette situation alarmante, en attirant l’attention sur les violations potentielles des droits humains et des droits des travailleurs observées.

À l’issue d’une conférence de presse tenue ce jeudi 23 octobre 2025, l’organisation de défense des droits de l’homme a exprimé son inquiétude quant à la situation préoccupante du respect des droits de l’homme et aux conditions de vie extrêmement précaires des travailleurs dans cette région de la Guinée forestière (N’zérékoré).

Dans ce nouveau rapport officiel, l’organisation a mené des enquêtes sur les abus généralisés. Elle dénonce notamment des conditions de travail précaires, des atteintes répétées aux droits fondamentaux et une absence criante de protection sociale pour les travailleurs de la Soguipah (Société Guinéenne de Palmiers à Huile et d’Hévéas SA), ainsi que pour les planteurs des exploitations familiales liées à cette entreprise d’État.

Selon Amnesty International, de nombreux employés de la Soguipah vivent dans une extrême vulnérabilité : salaires insuffisants, logements insalubres, manque d’équipements de sécurité et faible prix d’achat .

« Des salaires à en pleurer : atteintes aux droits des travailleurs liés aux activités de la Soguipah en Guinée » révèle que les travailleurs des plantations et de l’usine de la Société guinéenne de palmiers à huile et d’hévéas (Soguipah) située à Diécké et ses environs, dans la région de Nzérékoré, ont été rémunérés bien en dessous du salaire minimum légal national et n’ont pas disposé d’équipements de protection adéquats. Le rapport montre également comment la Soguipah a acheté du latex aux planteurs d’exploitations affiliées à l’entreprise à des prix inférieurs à ceux du marché>>peut-on lire dans le document.

Plus loin, le document renchérit en apportant des précisions supplémentaires et des arguments corroborant les enquêtes.

<<De nombreuses personnes interrogées ont du mal à subvenir à leurs besoins essentiels, notamment en matière d’alimentation, de logement, de scolarisation de leurs enfants et de soins de santé. Cette situation précaire est exacerbée par l’isolement de la sous-préfecture de Diécké, qui entraîne une hausse des prix des produits de première nécessité, en particulier pendant la saison des pluies, lorsque les routes deviennent impraticables.
Les travailleurs ont également décrit des conditions de travail difficiles, avec un manque d’équipements de protection individuelle malgré une exposition régulière à des produits chimiques potentiellement dangereux, tant dans les plantations qu’à l’usine.>>

Le document d’Amnesty ne se limite pas à dénoncer les conditions de vulnérabilité des travailleurs, notamment liées au manque d’équipements, Il dénonce également un salaire nettement en dessous de la norme exigée par les termes juridiques du travail, notamment le SMIG, conformément à l’article 241-7 du Code du travail guinéen et aux conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) ratifiées par la Guinée.

<<Plusieurs travailleurs de la Soguipah interrogés par Amnesty International ont été rémunérés en dessous du salaire minimum légal de 550 000 francs guinéens (environ 55 euros) par mois. Selon les fiches de paie de 30 personnes datant de 2022 à 2025 consultées par l’organisation, 29 travailleurs avaient reçu un salaire de base inférieur au salaire minimum légal. En septembre 2025, le salaire de base le plus bas versé par la Soguipah sur 24 fiches de paie consultées était de 69 783 francs guinéens (environ 7 euros) pour 170 heures travaillées dans le mois>>.

Outre, l’organisation internationale des droits de l’homme critique la monopolisation du marché ainsi que l’achat à un prix dérisoire des produits locaux.

<<Ces planteurs sont présumément obligés de vendre leur production exclusivement à la Soguipah, souvent à des prix inférieurs à ceux du marché. L’entreprise déduit également de ces ventes dessommes au titre d’une aide qu’elle ne fournit plus totalement. Un leader syndical a déclaré : << avant, la Soguipah nous défalquait car elle entretenait les pistes [..] et assistait les planteurs en techniques agricoles. Ce n’est plus effectué mais la Soguipah continue de nous prélever >>.

Pour Fabien Offner, chercheur à Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, des mesures immédiates doivent être prises pour remédier à cette situation et garantir le respect des normes internationales en matière de droits de l’homme au sein de cette entreprise.

« Cette exigence ne concerne pas uniquement la SOGUIPAH. Elle s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par de grands projets économiques tels que Simandou 2040 et d’autres projets miniers d’envergure. Nous recommandons l’adoption d’une loi sur le devoir de vigilance, afin de prévenir les atteintes aux droits humains et les préjudices environnementaux ».

Pour faire face à cette situation, les autorités guinéennes doivent immédiatement mener une enquête sur ces cas d’abus généralisés afin d’informer plus efficacement l’opinion publique sur le rapport révélé par Amnesty International.

Abdoulaye Djibril Barry

622 34 92 91

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