Guinée : les journalistes dénoncent la volonté du pouvoir de contrôler les médias privés
La liberté de la presse semble être limitée désormais en Guinée. En tout cas la mauvaise nouvelle est tombée lors de la clôture de la session de la 9ème législature le vendredi. Selon la nouvelle loi, désormais, c’est le chef de l’Etat qui nomme par décret, le président de la Haute Autorité de la Communication, institution en charge de régulariser dans le pays.
Cet amendement constitue aux yeux des observateurs un recul pour la liberté de la presse. Une pilule difficile à avaler pour certains hommes de médias guinéens.
« C’est très dur à expliquer. Nos autorités ont encore montré leur limite. Cela prouve à suffisance la vision du pouvoir en place. Moi je me dis que c’est une manière d’intimider la presse guinéenne. Ensuite ça y va à l’encontre de la démocratie et de la liberté de la presse. Donc, sérieusement parlant, on ne comprend plus, on est géré par quel régime. Comme le régime a tenté par tous les moyens pour étouffer la presse guinéenne, il n’a pas pu, il passe maintenant par voler des fameuses lois par des députés contestés », a dénoncé Aboubacar Camara, journaliste
Cette institution en charge de la régulation des médias en Guinée dont la composition passe de 11 à 13 commissaires, va enregistrer encore de nouveaux représentants venant de la présidence. Mais pour les journalistes, il n’est pas question de céder aux intimidations.
« Malgré cela, tant que journaliste on ne va pas reculer. Ils font tout ça pour pouvoir contrôler les médias en leur faveur. Mais laissez-moi vous dire ça ne marchera parce qu’on ne va pas se laisser faire. La presse doit être libre et indépendante afin qu’elle fasse un travail fidèle aux citoyens » , a déclaré Amadou Oury Diallo, journaliste dans un organe de presse de la place.
Les associations de presse, après négociations, obtiennent toujours les 5 places alors que le projet initial leur accordait seulement que 2 sièges. Quant au Syndicat des professionnels de la presse privée de Guinée, a vu sa lutte se solder par un échec. Et ce, malgré le soutien du groupe parlementaire, Alliance Républicaine
Ibrahima BARRY