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« Il n’appartient ni à la France, ni à l’UA, ni la CEDEAO de nous libérer du despotisme d’Alpha Condé »

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Mamadou Alpha DIALLO, Doctorant en droit international public
Mamadou Alpha DIALLO, Doctorant en droit international public

Celui qui, il y a dix ans, en prétextant avoir mené un combat politique de plus de quatre décennies, prétendait être l’envoyé de DIEU pour apporter la démocratie en Guinée, fait sa rentrée solennelle dans la catégorie des plus grands dictateurs, avec tous les déshonneurs y afférents. Quel paradoxe et quel triste gâchis !

Porté au pouvoir en 2010 en République de Guinée dans des conditions sans doute profondément contestables, le peuple de Guinée mettait néanmoins tout son espoir en Alpha Condé. Il attendait notamment de lui, qu’à l’instar de George Washington, de Charles de Gaulle ou encore de Nelson Mandela, auquel d’ailleurs il a eu l’audace de s’assimiler, qu’il bâtisse les fondements d’une véritable République, qu’il construise un pays, lui qui affirme régulièrement, avec mauvaise foi, n’avoir pas hérité d’un pays. Les attentes des Guinéens étaient réelles et nombreuses.

Mais en réalité les préoccupations d’Alpha Condé se révèlent toutes autres, et les prémisses se sont fait sentir dès le lendemain de son « élection ». Refusant de revêtir le noble manteau du Président de tous les Guinéens, Condé décida de faire de la division ethnique sa principale politique et le fondement même de sa gouvernance. Il massacre alors des citoyens qui revendiquent simplement et pacifiquement leurs droits (plus de 140 personnes depuis 2010).

Il érige la corruption à grande échelle, l’exploitation massive et abusive des ressources du pays, la médiocrité et la démagogie à tous les niveaux de l’administration publique, les nominations fantaisistes, entre autres, comme ses principes de gouvernance. L’essence de l’apport d’Alpha Condé à la construction de la Guinée après près d’un demi-siècle de combat politique se résume en ces mots. Cela devrait-il être surprenant lorsqu’on reprend brièvement son parcours ?

Ce « Professeur » autoproclamé d’Université n’a, en pratique, jamais sérieusement étudié, ni jamais sérieusement travaillé de sa vie. Outre son militantisme au sein de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) créée en 1951 à Paris où il aurait exercé des responsabilités[1], nul ne trouve et/ou ne prouve une fonction qu’il ait occupée ni dans une Entreprise, ni dans une Organisation internationale ou à l’Université.

Comment les Guinéens pouvaient-ils penser qu’il était à la hauteur de leurs attentes alors que nous en espérions tant ? Le fait d’être opposant historique, car c’est tout ce qu’Alpha Condé a de probant au titre d’expériences dans son CV, présume-t-il de la capacité à diriger avec responsabilité et dignité un pays ? Alpha Condé nous donne l’exemple le plus emblématique qu’il ne sert à rien de passer par la case d’opposant, surtout historique, pour bien gouverner.

Au moment où d’autres[2] dirigeants prennent conscience que l’alternance est un principe démocratique fondamental, le ‘’Monsieur DIEU de la démocratie’’ ayant visiblement et abusivement pris goût au pouvoir, et manifestement souffrant du syndrome du pouvoir à vie, fait le choix de marcher sur les cadavres et de baigner dans le sang des filles et fils de la Guinée. Tout cela pour uniquement s’octroyer un 3ième mandat et plus, en violation flagrante de la Constitution guinéenne qu’il essaie de contourner au prétexte de vouloir moderniser.

Mais justement, de quelle modernité s’agit-il lorsqu’on va d’un quinquennat avec limitation de mandat, à six (6) ans renouvelables et sans limitation aucune (cf. l’article 40 du projet de Constitution d’Alpha Condé) ? A tel point que parmi les autres arguments qu’il évoque pour vendre désespérément sa ‘’Constitution moderne’’ est de ‘’planter des arbres’’ alors que les besoins vitaux pour les Guinéens sont d’une toute autre nécessité.

Décidément, Alpha Condé du haut de ses 82 ans a perdu toute faculté de discernement. Cela ne le rend -il pas inapte à gouverner le pays ?

Fort malheureusement, ce projet tyrannique d’Alpha Condé bénéficie d’un soutien, certes largement insignifiant, de la part de certains Guinéens, sans conviction aucune car ils subissent simplement la politique dite du ventre. Pire, parmi eux il y a des jeunes, qui comme lui, n’ayant sans doute pas fait ou ne voulant pas faire de projets sérieux de leur vie, portent désespérément et j’espère inconsciemment leur espoir sur un vieillard de plus de quatre-vingts ans. Ailleurs, la jeunesse est l’espoir et même l’avenir. La symbolique de la pyramide des âges n’est-elle pas inversée ici ?

Aujourd’hui le pouvoir d’Alpha Condé a perdu toute légitimité. Et s’il est évident que l’opposition guinéenne n’est pas un rempart crédible car une bonne partie de ses membres a largement contribué à la gestion catastrophique du pays, l’urgence reste de mettre fin à la tyrannie de ce vieillard qui s’accroche au pouvoir.

C’est pourquoi, le peuple de Guinée doit se rappeler et faire sien cet extrait de la Déclaration d’indépendance américaine du 4 juillet 1776, car aujourd’hui le monde entier voit que le pouvoir d’Alpha Condé est destructeur de tout idéal démocratique en Guinée :

« Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis par les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de le changer ou de l’abolir, et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur des principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur »[3].

Chères guinéennes, chers guinéens, il n’appartient ni à la France, ni à l’Union africaine, ni même à la CEDEAO de nous libérer du despotisme d’Alpha Condé. Nous devons être maître de notre destin commun, de notre avenir et de celui des générations futures.

Chères concitoyennes, chers concitoyens, Alpha Condé a certes, malheureusement, réussit à profondément diviser les guinéens, mais notre destin reste le même, notre avenir est sans doute commun, et la GUINEE est, de toute évidence, ce que nous avons de plus précieux. C’est pourquoi, le combat que nous devons mener où que nous soyons aujourd’hui ne doit pas être celui d’une partie des guinéens ou perçu, comme certains tentent par tous les moyens à le réduire, comme étant celui d’une ethnie. Ce n’est même plus un combat pour nous. Il s’agit d’une lutte pour nos enfants, pour les générations futures. Quelle nation guinéenne voulons-nous ? Quel pays voulons-nous pour nous-mêmes et pour nos enfants ? Ne restons pas passif face à ces abus, à cette dictature. Alors agissons !!!

Vive la liberté ! Vive la démocratie ! Vive la République ! Vive la Guinée !

Mamadou Alpha DIALLO, Doctorant en droit international public,

Université d’Angers (France)
alphadiaraye@gmail.com

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