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La Grâce de Dadis Camara : Manquement Historique ou Nécessité Politique pour la Guinée ?

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La récente grâce présidentielle accordée à l’ancien chef de la junte, le Président Dadis Camara, ainsi qu’à d’autres figures impliquées dans le massacre du 28 septembre 2009, a ravivé un débat passionné et complexe en Guinée. S’inspirant des propos de Maître David Beavogui, avocat, cet événement soulève des questions profondes sur la justice transitionnelle, la responsabilité collective, et l’avenir politique du pays.

Maître Beavogui a récemment dénoncé sur son compte Facebook, un manquement historique et une banalisation du procès du 28 septembre 2009, dont il estime que nous sommes « tous responsables ». Le procès, qui était censé marquer un tournant décisif vers la redevabilité et la vérité, semble avoir abouti à un verdict et, maintenant, à une grâce qui interrogent. L’hommage rendu aux victimes et la force souhaitée à leurs familles rappellent que, au-delà des calculs politiques, l’essence de la justice réside dans la reconnaissance de leur souffrance.

La question centrale soulevée est celle de la responsabilité collective : comment la société guinéenne a-t-elle géré l’attente de ce procès, et a-t-elle réellement soutenu l’exigence de justice jusqu’au bout?

L’avocat met en garde contre ceux qui demandent l’annulation de la grâce, les qualifiant de « manipulateurs à double langage » avec un « agenda caché ». Pour lui, il est crucial de « ne pas suivre ces gens ». Ce discours suggère que l’opposition à la grâce ne serait pas uniquement motivée par la quête de justice, mais par des visées politiques secrètes, non divulguées par les médias publics.

Ce sentiment de déjà-vu, avec « les mêmes militaires, le même pays, la même communauté internationale » entre 2009 et 2025, mais un « traitement » des événements qui diffère, est l’élément clé qui alimente la méfiance. L’idée est que les puissances et les acteurs en place appliquent une politique de « deux poids, deux mesures » selon les époques et les intérêts.

Pour illustrer son propos, Maître Beavogui invite à regarder au-delà des frontières, citant les exemples du Burkina Faso du Capitaine Ibrahim Traoré, du Mali du Général Assimi Goïta, et du Niger du Général Abdoulrahmane Tiani. En pointant du doigt ces pays où des régimes militaires ont pris le pouvoir dans des contextes similaires mais avec une réponse internationale perçue comme variable, l’avocat pose la question suivante : la Guinée est-elle soumise à une justice sélective, dictée par des puissances étrangères ou des dynamiques régionales ?

Ce contraste apparent, souvent interprété comme un « deux poids, deux mesures » par la population, est perçu comme une preuve que les idéaux de justice et de démocratie sont parfois subordonnés à des impératifs géopolitiques.

La position de Maître Beavogui, au-delà de l’acceptation de la grâce, est un appel pragmatique à « avancer ». Il exhorte désormais à « œuvrer pour la libération des autres condamnés » restants.

L’article se conclut par un appel à la lucidité : « Ouvrons un peu nos yeux si nous voulons voir ». La grâce, loin d’être un point final, est présentée comme un levier pour débloquer une situation politique et judiciaire stagnante. Pour l’avocat, le pays a un besoin urgent de tourner la page de cette période pour se concentrer sur son développement. La vraie question pour la Guinée, semble-t-il, n’est plus la condamnation ou l’absolution, mais comment utiliser ce moment de rupture pour construire un avenir moins polarisé.

Cette grâce, est-elle le prix à payer pour une stabilité politique précaire, ou est-ce une véritable entrave à la justice et à la mémoire des victimes ?

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