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Mes remarques sur le comité de politique monétaire tenu le 31 Mars 2021 

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Le comité de politique monétaire s’est tenu pour une première, en vue d’analyser l’activité économique du pays tout en essayant d’apporter quelques explications bien limité aux conditions monétaires Guinéens à savoir l’inflation, le taux directeur, les prix, le change, nos réserves,  tout en essayant d’indiquer le rôle de régulateur que la banque centrale Guinéenne joue. S’il faut saluer, cette première rencontre qui devrait se tenir, le plus souvent afin que nous puissions profiter de notre indépendance monétaire, non pour encourager la délinquance financière plutôt  pour booster notre économie, il faut du tout se poser un certain nombre de questions à la fois sur les chiffres avancées par la BCRG et surtout sur certaines explications, sans oublier l’absence des mécanismes pour y arriver aux perspectives annoncés.

Sur l’inflation, le comité indique que nous sommes passés de 10,6% en Décembre 2020 à 12, 6% en janvier 2021 soit une augmentation mensuelle de 18%, bref que les prix sur un seul mois ont augmenté de 18% parce que l’inflation n’est autre que l’augmentation généralisée des prix. Ce qui est quand même très étonnant et inquiétant sur le rôle de régulateur que joue la BCRG. Mais ce qui frappe des yeux, est le fait que le comité explique cette inflation par les facteurs suivants : hausse du coût des transports maritimes, le coût d’ajustement lié à la mise en œuvre des opérations du Guichet Unique du commerce extérieur, les mesures de restriction de voyage, les travaux de reconstruction des infrastructures routières, la fermeture des frontières avec certains pays voisins, ainsi que les troubles liés aux échéances électorales

Il faut rappeler qu’en réalité les causes de l’inflation peuvent être soit l’augmentation de la masse monétaire, une demande supérieure à l’offre des biens et services, une hausse des prix à l’importation et l’augmentation des coûts de production.  S’il faut reconnaître l’augmentation du coût de transport maritime, il ne faut pas non plus occulter l’augmentation de la masse monétaire avec la planche à billet. D’ailleurs, le comité reconnaît qu’en glissement annuel, la masse monétaire a augmenté de 23%. Et bien évidement, quand il y a création monétaire sans contrepartie, il y aura forcément de l’inflation. Comment expliquer cette hausse de la masse monétaire ?  A quoi cela a servi réellement ?

Sur le fait de l’offre par rapport à la demande des biens et service où c’est carrément la politique de production mise en place depuis 2010 qui est remise en cause et de nos jours qui est encore aggravé par la fermeture des frontières alors que nous sommes un pays qui consomme que des produits importés. Il faudrait se poser les questions sur l’utilité de toute l’injection financière dans le domaine agricole sans oublier la nécessité de nos jours de continuer à fermer nos frontières.

Sans aucun doute, il y a des sérieuses questions qui se posent de nos jours et surtout compte tenu des risques à court terme d’ailleurs qui est souligné par le comité sur les risques d’inflation. Comment comprendre que sur ces 10 dernières années, que nous ayons exporté l’équivalent de plus de 10 milliards de dollars en bauxite et que notre monnaie continue à se déprécier ? Quelle politique de nos jours est mise en place pour permettre de bénéficier de ces retours de devises afin de baisser la valeur du dollar par rapport au franc Guinéen pour faire face à notre consommation de carburant, de pain, entre autres ?  Comment notre compte extérieur est passé de 1271, 18 millions de dollars à 721, 6 millions de dollars soit 43,23% de baisse. Quelles sont les explications logiques à cette baisse ? Ce compte a été débité pour quelle fin ?

La projection du taux d’inflation à 12,8% en fin trimestre de 2021,  sans aucune volonté à la fois d’agir sur la masse monétaire et surtout une politique de maîtrise de l’inflation en limitant le financement des déficits sans aucune contrepartie et l’absence de propositions de solutions du comité prouve à suffisance le caractère très simpliste de cette projection et cette volonté de laissé faire.  S’il est vrai que le coût du transport maritime s’est apprécié, il ne reste pas moins que la politique fiscale sur les matières est à revoir, d’abord sur la taxe spécifique des produits pétroliers et sur les taxes aux dédouanements liés au blé, le riz, le sucre, l’huile. Une analyse plus pointue pourrait bien permettre d’atténuer le choc et maîtriser les prix qui sont fondamentaux pour la consommation des ménages et sur le dynamisme économique.  Ce qui est indispensable et vital à notre économie.  Le paradoxe encore demeure, on devrait être en excédent de devises de nos jours qu’une tension réelle avec tout le boom de l’export ce qui est confirmé par notre croissance économique de 5%. Il est impératif que ces paiements en devises reviennent dans nos livres pour atténuer le coût de l’importation.

Le taux directeur qui est le taux de refinancement des banques primaires qui reste maintenu  à 11,5% reste très élevé et ne facilite pas du tout l’accès au crédit des PME, ce qui favoriserait l’activité économique, c’est le taux indicateur du coût du crédit, les banques primaires qui sont obligés de rajouter leurs marges de 2 à 3% parfois plus, donne un coût de crédit de 15 à 16% ce qui asphyxie leurs productivités. A tire d’exemple, Comment peut-on te demander de rembourser juste en intérêt GNF 160 000 sur un montant de  GNF1 000 000. Est-ce que ta marge bénéficiaire pourrait même atteindre 160 000 GNF ?

Il faut travailler sur la crédibilité et l’image de notre pays à la fois sur le plan politique, économique et fiscale pour attirer les ressources à des coûts abordables afin de pouvoir faire du crédit à un taux d’un chiffre pour les PME afin de leurs permettre de réaliser des investissements et de créer de l’emploi. Une économie ne peut pas vivre d’importation, il faut de la production et cela n’est possible que si le financement est accessible et à moindre coût.

Bref s’il faut saluer ce premier comité de politique monétaire,  il faudrait qu’il parte plus loin en posant un diagnostic et surtout des pistes de solution comme par exemple sur l’inflation que se limiter à des prévisions alarmistes, surtout il faut que le secteur minier soit pourvoyeur des devises pour faire face à nos engagements d’importation pour la consommation intérieure à court terme et la BCRG dans son rôle de régulateur, doit travailler pour faciliter l’accès au crédit avec les banques primaires pour booster la production qui est la véritable solution à nos problèmes.

Bella BAH

Président de la jeunesse citoyenne

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