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67e Anniversaire de l’Indépendance : enfin Alpha Condé reconnaît avoir commis des erreurs

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Le 2 octobre, jour sacré de l’indépendance guinéenne, a vu l’ancien Président Alpha Condé adresser à la Nation un discours poignant, mêlant l’évocation des réalisations passées à une condamnation virulente de la situation politique actuelle.

À l’occasion du 67e anniversaire de l’accession de la Guinée à la souveraineté, le message de l’ancien chef d’État se présente comme un bilan contrasté et un appel retentissant à la restauration de la légitimité.

Le discours commence par un rappel sans concession de l’état du pays avant 2011. L’ancien président dépeint une Guinée fragilisée, minée par la corruption, des institutions délabrées, des services sociaux inexistants, et une jeunesse désabusée. Une période de « précarité et d’incertitude » qui étouffait tout espoir collectif.

Face à ce tableau sombre, Alpha Condé met en avant les efforts de reconstruction menés sous sa direction. Le secteur de l’Énergie est cité comme une réussite majeure, avec la multiplication par trois de la capacité nationale grâce aux barrages de Kaléta et Souapiti, et les projets d’interconnexion régionale.

Dans le domaine des Infrastructures, l’ancien président insiste sur la construction de milliers de kilomètres de routes bitumées et de ponts, désenclavant les territoires et modernisant les villes de l’intérieur.

L’Agriculture aurait connu une modernisation visant la sécurité alimentaire, permettant même des exportations et une réduction notable des importations.

L’article souligne également les avancées dans la Santé et l’Éducation (construction et rénovation d’hôpitaux, d’écoles, d’universités) et la récupération des projets miniers (notamment le fer de Simandou) qui auraient été « bradés aux étrangers » et ramenés dans le giron national. Un point d’orgue de cette politique de développement local est la mise en place de l’ANAFIC (Agence Nationale du Financement des Collectivités), qui a affecté 15% des recettes minières au développement à la base, finançant près de 800 infrastructures dans les communautés rurales en 2019 et 2020.

Enfin, sur le plan international, la Guinée aurait retrouvé une place de choix, respectée pour son indépendance diplomatique et ses partenariats équilibrés.

Après avoir reconnu « des erreurs et des manquements » qu’il s’apprêtait à corriger, l’ancien président dénonce avec force l’événement qui a mis fin à son mandat : le coup d’État du 5 septembre 2021. Qualifiant les auteurs de « groupe de bandits » qui ont « manipulé nos enfants », il affirme que ce chemin de développement a été « brisé » et que le pays a été pris en otage.

Alpha Condé dresse un portrait alarmant de la situation post-2021. Selon lui, la démocratie est enterrée et les institutions sont confisquées. Les droits humains seraient bafoués par des arrestations arbitraires, des enlèvements et des disparitions forcées. La corruption et l’enrichissement illicite auraient atteint des sommets.

L’ancien président déplore l’arrêt ou la désarticulation des grands chantiers et l’absence d’investissements structurants, entraînant un isolement diplomatique et une perte de crédibilité pour la Guinée. En lieu et place de la « refondation annoncée », la population vivrait dans la « désolation et la peur ».

Son message se conclut sur une note d’espoir et un appel à la mobilisation. Alpha Condé rappelle que la Guinée appartient à son peuple et que ce dernier possède le droit inaliénable de choisir ses dirigeants.

La voie de la restauration de la légitimité, selon l’ancien chef d’État, passe par le rassemblement et l’unité, dépassant les divisions ethniques ou partisanes. Il promet, « avec la mobilisation de tous », de « libérer notre pays des mains de ce groupe de criminels » pour rétablir la dignité, la liberté et la souveraineté du peuple.

En s’inspirant de l’esprit du « NON » de 1958 à la domination, Alpha Condé exhorte les Guinéens à dire non à la junte et oui à la démocratie, au rétablissement de l’ordre constitutionnel civil, à la réconciliation et à l’unité nationale. « La Guinée a souffert, mais la Guinée n’est pas vaincue », a-t-il conclu.

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