Dr. Dansa Kourouma : « l’Etat guinéen est le premier violeur des droits de l’homme »
Bien qu’ayant validé 9 des 20 indicateurs du MCC (Millenium Challenge Corporation), la Guinée n’a cependant pas pu accéder à ce programme en raison de la perte d’indicateurs relatifs aux droits démocratiques. Interrogé dans la soirée de ce vendredi 16 avril 2021 par notre rédaction, Docteur Dansa Kourouma, président du conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG) a fait savoir qu’il était déjà sceptique quant à l’éligibilité de la Guinée.
« D’abord, je précise que la Guinée n’est pas à sa première candidature pour le MCC. Il y a eu des exercices avant qui n’ont pas abouti parce que le pays manquait d’instruments d’évaluation des indicateurs. En réalité, au-delà de l’appréciation des institutions comme la Banque mondiale, il y a d’autres organisations qui renseignent sur la liberté d’expression, il y a Amnesty International qui analysent les indicateurs sur les droits de l’homme« , a-t-il entamé.
Poursuivant, cet activiste de la société guinéenne, la Guinée n’avait pas les structures qu’il fallait pour pouvoir évaluer et générer les informations qui étaient demandées par le comité d’évaluation du MCC.
« La Guinée a de bonnes notes en ce qui concerne le doing business, en matière de réduction de la pauvreté mais en matière de gouvernance démocratique ou droits de l’homme, vous savez que 2018, 2019 et 2020 ont été des années très difficiles. C’est vrai, il y avait une atmosphère qui avait été créée par la classe politique pour ne pas que la Guinée puisse s’en sortir par rapport à ses engagements en matière de droits de l’homme. L’Etat guinéen est le premier concerné quand on parle de droits de l’homme, le premier violeur des droits de l’homme. Pour ce qui est du MCC, les notes les plus importantes, c’est l’ouverture démocratique. C’est à dire, la manière dont l’opposition est traitée dans le pays, la manière dont les libertés individuelles sont encadrées, la manière dont les droits politiques et civiles sont protégés, la manière dont la presse est traitée. Il y a également la politique de lutte contre la corruption. Tout cela rentre dans le cadre de l’évaluation du MCC« , a-t-il indiqué.
Selon le patron du CNOSCG « il y a eu des avancées en matière de création de structures mais l’atmosphère globale du pays créée par la mésentente politique n’était pas favorable à la Guinée pour avoir de bonnes note matière de droits de l’homme« .
Si la Guinée obtenait la note requise, elle pouvait empocher jusqu’à 600 millions de dollars américains.
Mamadou Bobo Barry