Elie Kamano, « Mon frère, dis au président…» à la haine viscérale : chronique d’une ingratitude qui se retourne contre son auteur
Souviens-toi, Elie. 19 octobre 2021. Tu écrivais alors, la main sur le cœur, le ton du frère d’armes : « Mon frère, dis au président qu’on ne peut pas faire d’omelette sans casser les œufs. Le Guinéen est un éternel insatisfait, il ne doit pas céder devant toutes les caprices. Les victimes, il y’en a eu partout, pas seulement à Bambeto.»
Tu appelais à la fermeté. Tu légitimais la rupture. Tu demandais au président Mamadi Doumbouya de tenir bon, de ne pas fléchir devant la rue, de ne pas gouverner à coups de sondages.
Aujourd’hui, ce même Elie Kamano est devenu le pleureur public numéro un. L’insulteur en chef. Le mendiant de micros qui crache dans la soupe qu’il a réclamée.
Alors dis-moi, Elie : qu’est-ce qui a changé ? Le président, ou ton intérêt ?
La prudence de president Doumbouya n’est pas de la faiblesse. C’est de la lucidité. Tu feins d’oublier que le président t’a lu. T’a écouté. T’a protégé. Il sait qu’en Guinée, les applaudissements du matin deviennent les sifflets du soir. Il sait que les conseilleurs ne sont pas les payeurs.
Raison pour laquelle il s’est méfié de toi. Raison pour laquelle l’histoire lui donne raison.
Car l’homme du 5 septembre 2021 n’est pas l’homme des règlements de comptes. Il est l’homme des ruptures ordonnées. Il ne casse pas les œufs pour le plaisir. Il les casse pour nourrir la Nation. Nuance.
«Les victimes, il y’en a eu partout» : ta phrase te condamne. Tu le disais toi-même : la Guinée a une mémoire douloureuse. Du camp Boiro aux fosses de Bambeto, chaque régime a son cimetière.
Mais toi, Elie, tu as instrumentalisé cette douleur. Quand Doumbouya refuse la vengeance, tu cries à la trahison. Quand il choisit la justice plutôt que la vindicte, tu parles de mollesse.
Tu voulais l’omelette. Tu refuses aujourd’hui d’assumer les coquilles. Voilà ton paradoxe. Voilà ton naufrage.
L’ingratitude est une malédiction. Et tu en es l’illustration. Rappel des faits. Le 5 septembre t’a sorti de l’ombre. Il t’a redonné une tribune. Il t’a protégé quand d’autres voulaient te faire payer tes excès de langage sous Lansana Conté, sous Dadis, sous Alpha.
Tu l’as dit toi-même : «depuis le temps du feu Lansana Conté qu’on jette en prison». Qui t’a évité la geôle en 2021 ? Qui a répondu à ton message du 19 octobre par le silence bienveillant du chef qui ne frappe pas ses griots ? Mamadi Doumbouya.
On ne mord pas la main qui vous a sorti de l’eau. Sauf à vouloir s’y noyer seul.
De « mon frère » à «mendiant» : itinéraire d’un tribun sans boussole. Aujourd’hui, tu écumes les plateaux. Tu parles de «dictature». Tu compares la Ve République aux années de plomb. Toi qui, le 19 octobre 2021, suppliais le président de ne pas céder aux « caprices » de la rue.
Le Guinéen est un éternel insatisfait, disais-tu. Tu avais raison. La preuve : tu es le premier des insatisfaits. Insatisfait quand on t’écoute. Insatisfait quand on ne t’écoute plus. Insatisfait de n’être plus au centre du jeu.
Elie Kamano, tu n’es pas un opposant. Tu es un orphelin de buzz.
President Mamadi Doumbouya : l’homme qu’on n’attaque pas impunément. Car voici la vérité que tu refuses : Président Mamadi Doumbouya est une bénédiction pour la Guinée.
Une bénédiction parce qu’il a arrêté la spirale du troisième mandat sans bain de sang.
Une bénédiction parce qu’il a mis l’État au-dessus des ethnies, l’intérêt général au-dessus des clans. Une bénédiction parce qu’il bâtit des routes quand d’autres bâtissaient des rancœurs, parce qu’il signe Simandou quand d’autres signaient des mandats d’arrêt.
19 octobre 2021–Message d’Elie Kamano « Mon frère, dis au président qu’on ne peut pas faire d’omelette sans casser les oeufs. Le Guinéen est un éternel insatisfait, il ne doit pas céder devant toutes les caprices. Les victimes, il y’en a eu partout, pas seulement à Bambeto.»
La question que la Guinée pose à Elie Kamano. Quand tu écrivais cela, étais-tu lucide ou étais-tu déjà en campagne pour toi-même ?
Tu voulais qu’il casse des œufs. Il construit un pays. Et cela te rend furieux. Car les bâtisseurs n’ont pas besoin de pleureurs.
Demain est un autre jour. Pour lui. Pas pour toi. Tu termines tes diatribes par « Demain est un autre jour ». Tu as raison. Demain, la Guinée aura des hôpitaux, des rails, des écoles. Demain, l’histoire retiendra le nom de Mamadi Doumbouya.
Et toi, Elie ? Demain, on ressortira ton message du 19 octobre 2021. On le placera en face de tes directs haineux de 2026. Et le peuple tranchera : entre le bâtisseur prudent et le griot ingrat, la Guinée a déjà choisi.
Tenez-vous bien, mon cher Elie Kamano. La roue tourne. Mais elle n’écrase que ceux qui crachent contre le vent.

Par Billy keita