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Guinée : une présidentielle sous l’ombre des portés-disparus

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C’est un épineux sujet qui sans doute domine la scène politique brutalement verrouillée par la junte au pouvoir depuis le 5 septembre 2021. Il s’agit du dossier des portés-disparus et des prisonniers politiques, une épine sous le pied du putschiste et candidat à la présidentielle, Mamadi Doumbouya.

Ce dimanche 28 décembre, même le peu d’électeurs qui ont répondu favorablement à l’appel de la junte et de ses soutiens de se rendre aux bureaux de vote ont sans doute eu une pensée aux victimes de la dictature au moment de glisser le bulletin dans l’urne.

Ces votants cochent sur la case du candidat de leur choix alors qu’au même moment près d’une dizaine de Guinéens sont privés de ce droit constitutionnel. Foniké Mengué, Billo Bah, Habib Marouane Camara, Saidou Nimaga, Elhadj Adama Keita [dont l’unique tort est d’être le père du journaliste d’investigation Babila Keita], Aliou Bah et tant d’autres n’ont pas eu cette chance. Au moment où le putschiste Mamadi Doumbouya était en train de voter dans un bureau de voter dans la presqu’île Kaloum lourdement quadrillé par une centaine des militaires armés, des familles se demandaient du sort de leurs proches dont ils sont sans nouvelle depuis plusieurs mois.

Sur les réseaux sociaux, les portraits de ces figures démocratiques inondent les fils d’actualité. Jusqu’ici, ni Doumbouya, ni son premier ministre, Bah Oury et les membres de son gouvernement n’arrivent à résoudre cette complexe équation : faire taire un sujet devenu embarrassant tout en prétendant conduire le pays vers un retour à l’ordre constitutionnel.

Comme Diallo Telly et les victimes du camp Boiro sous la dictature de Sékou Touré, Lansana Conté dans sa gestion des exécutions des présumés auteurs du coup d’Etat de juillet 1984, Moussa Dadis Camara avec le massacre du 28 septembre 2009, les dossiers des portés-disparus et des dépouilles des militaires tombés le 5 septembre 2021 vont sans doute hanter le régime militaire de Mamadi Doumbouya certainement jusqu’à après sa chute.

Par Alpha Oumar Diallo

 

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