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L’augmentation du prix du carburant en Guinée : Le gouvernement spolie ses caisses, le peuple paie la facture !  

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Pendant que la plupart des dirigeants du monde cherchent à trouver une solution pour son peuple, frappés durement par la crise sanitaire à la Covid-19 qui secoue l’humanité tout entière. D’autres chefs d’Etat profitent bien de cette situation dramatique pour se tailler la part du lion. C’est le cas notamment de la Guinée qui, en dépit de trouver des pistes de solution face à cette pandémie planétaire continue d’enfoncer la population dans une crise indescriptible.

Après une campagne massive de destruction des biens de plusieurs personnes dont entre autres : Bâtiments, restaurant, boites de nuits, magasins, boutiques, écoles, lieu de cultes etc…, et l’augmentation des taxes téléphoniques qui a plongé des guinéens dans une précarité accrue et au chômage galopant. Le président Alpha Condé et ses lieutenants sortent un nouvel arsenal contre le peuple, en augmentant le prix du carburant à 20% c’est-à-dire de 9 000 Gnf à 11000 Gnf. Mais qu’elle est l’origine de cette crise qui frappe la Guinée ? Qui est le véritable responsable ? Les caisses de l’Etat sont vides ?

En mars 2020, l’Etat guinéen avait appelé au peuple à un référendum constitutionnel et de législatives controversées. Quelques mois après, le 18 octobre à des élections présidentielles. Bien avant ces élections, le président Condé, avait affirmé que « la Guinée doit financer ces propres élections, pour éviter toute ingérence de l’extérieur et retrouver notre souveraineté ». Jusque là financé en partie par les partenaires au développement. Certes oui ! Mais le peuple avait besoin d’une élection en ce temps ?

Nonobstant des mois de contestation par une majorité de la population contre le référendum constitutionnel, le législatives et le trois mandat qui a paralysé l’économie du pays, Alpha Condé ne lâche pas du lest. Pour mener à bien son projet, il ouvre grandement la boite à pandore à la Banque Centrale et au Trésor Public à des bandits à col blanc. L’argent de toute une nation, s’est retrouvé dans les mains d’un groupe de prédateurs économiques et des mouvements de soutien qui n’existent que pendant la campagne.

Conséquence, les caisses de la Banque Centrale et du Trésor Public se retrouvent vides en une fraction de seconde. Une inflation galopante sur le prix des denrées de première nécessité et le surendettement de la Guinée à l’international.  C’est pourquoi, George Orwell dira que ‘’ Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice’’.      

Après sa réélection en cascade pour un troisième mandat, Alpha Condé promet de ‘’gouverner autrement’’ mais pour la plupart des guinéens, la montagne accouche d’une souris. Ce qui croyait encore à ce nouveau slogan politique du dirigeant guinéen ont été très vite dessus dans l’affaire ‘’Nabaya gate’’ qui a coûté 200 milliards de francs au contribuable guinéen. Une somme qui pouvait servir aux développements sociaux de base. Mais hélas !

Pendant ce temps, le ministre de la ville et de l’aménagement du territoire, Ibrahima Kourouma, sillonnait la capitale Conakry et ses périphéries avec ces machines pour détruire les biens des pauvres citoyens, pour la plupart sans aucune mesure d’accompagnement. Des milliers de familles se sont retrouvées à la belle étoile en pleine pandémie de covid19 et virus Ebola. Des rêves brisés en mille morceaux et des centaines de jeunes ont été contraints à une mort dans l’âme à la recherche d’un lendemain meilleur.

Dans ce bateau sans gouvernail ni repaire, le peuple est devenu la proie facile des requins. Sinon comment peut-on expliquer une telle augmentation du prix du carburant en ce mois d’Août ? Considéré comme le mois le plus dur en Guinée.

Pour défendre l’indéfendable, le ministre des Hydrocarbures, Diakaria Koulibaly, sort la théorie de Machiavel et souligne que le gouvernement guinéen a pourtant fourni des efforts. ‘’Le prix des produits pétroliers reste moins cher en Guinée qu’au Mali, au Sénégal et en Côte d’ivoire. « Ça s’explique par le niveau du baril à l’international. Cette augmentation qu’on a en août, on aurait pu la faire depuis avril. On aurait pu aller jusqu’à 12 000 GNF ».

Malheureusement, dans sa communication à canard boiteux, le ministre Koulibaly omis de comparer  le sémique d’un enseignant guinéen à un enseignant sénégalais, malien ou ivoirien. Peut-on comparer le franc guinéen au franc Cfa ?

Pour donner du crédit aux propos de Diakaria, le premier ministre Dr Kassory Fofana, affirme dans une de ses interventions que le gouvernement est dans l’obligation de revoir à la hausse le prix du carburant pour réduire la subvention allouée au secteur des hydrocarbures. Selon lui, l’Etat perd chaque mois 140 milliards de francs guinéens sur le carburant.

Mais très vite ces propos du premier ministre ont été balayés d’un révère de la main par des économistes chevronnés. Comme l’ancien chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein, qui a démenti les balivernes de Kassory. Pour le président du PADES, Dr Ousmane Kaba, le gouvernement guinéen n’a jamais subventionné le prix du carburant. Alors le gouvernement a-t-il menti au peuple pour combler le déficit budgétaire causé par sa mauvaise gestion des richesses nationales ?

Dans ce combat de titans, le gouvernement souligne que l’augmentation du prix du carburant n’impacte pas le goût de la vie, ni le prix sur des transports. Mais vite, comme du berger à la bergère, le président du groupe organisé des hommes d’affaires (GOHA), Abdallah Cherif, déclare que ‘’les commerçants vont augmenter le prix des produits sur les marchés’’.

De son côté, le syndicat des transporteurs ne compte pas se plier à la déclaration du gouvernement. Cette augmentation occasionnera-t-elle la faillite des entreprises ou des revendications salariales ? Jusqu’où ira se bras de fer ? Peut-on craindre d’une grogne sociale ? Victor Hugo disait ceci : ‘’Quand le peuple sera intelligent, alors seulement le peuple sera souverain’’.

Il faut rappeler que des chefs d’Etats africains ont été chassés du pouvoir par une grogne sociale, tels que : Omar el-Béchir, après 30 ans au pouvoir sans partage au Soudan, il a été destitué par l’armée suite à un mouvement de contestation populaire contre l’augmentation du prix du pain. Après 23 ans de règne en Tunisie sans partage, Zin el-Abidine Ben Ali s’enfuit en Arabie Saoudite, chassé par une révolte populaire déclenchée par l’immolation par le feu d’un marchand excédé par la pauvreté.

La dernière en date, c’est le cas de l’ancien président malien IBK, jeune frère et l’ami du président Alpha Condé renversé par l’armée suite à une grogne sociale. Le cas de Bamako peut sonner comme une alerte pour le locataire du palais Sékhoutouréya ?

L’avenir nous dira davantage !

Moussa Traoré, Journaliste et analyste-politique

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