Affaire Air Guinée : Cellou Dalein Diallo répond à Sékouba Konaté et dénonce des « Contre-vérités »
Le torchon brûle entre deux figures majeures de la politique guinéenne. Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et ancien Premier ministre, est sorti de son silence dans un entretien exclusif accordé à nos confrères de guinee7.com pour répondre aux graves accusations portées contre lui par le général Sékouba Konaté concernant la liquidation de l’ancienne compagnie nationale, Air Guinée.
Le leader de l’UFDG a opposé un démenti ferme et sans appel aux allégations du général Konaté, qualifiant ses propos de « mensongers et infondés ». Concernant la privatisation d’Air Guinée, un dossier qui refait surface régulièrement dans l’actualité judiciaire guinéenne, Cellou Dalein Diallo a été on ne peut plus clair sur son rôle présumé.
Je n’ai signé aucun document, je n’ai jamais été entendu dans aucune procédure », a-t-il martelé, affirmant n’avoir jamais reconnu la moindre responsabilité dans cette affaire.
Il a par ailleurs contesté la validité du rapport attribué à l’économiste Ousmane Kaba qui lui imputait une cession de la compagnie à l’homme d’affaires Mamadou Sylla sans appel d’offres. L’ancien Premier ministre assure n’avoir « jamais fait partie de la commission de privatisation » et n’avoir « jamais participé à la décision », précisant n’avoir pris connaissance de ce rapport qu’en 2022.
Cellou Dalein Diallo estime que ces accusations, qui n’auraient émergé que « sous le CNRD », s’inscrivent dans une campagne de dénigrement politique visant à ternir son image.
Outre l’épineux dossier Air Guinée, l’interview a permis à Cellou Dalein Diallo de lever le voile sur un épisode jusqu’alors méconnu de l’histoire politique guinéenne et de ses relations avec l’ancien président Alpha Condé.
Il a ainsi révélé avoir joué un « rôle clé » dans la libération d’Alpha Condé en 2001, alors détenu sous le régime de Lansana Conté.
Selon Cellou Dalein Diallo, son intervention auprès du président Conté a été déterminante pour la signature du décret de libération. Il précise toutefois que cette démarche n’avait pas pour but de « faire plaisir à Alpha Condé », mais bien de « valoriser l’image du président Conté » sur la scène internationale. Fait notable, il confie n’avoir jamais évoqué cet acte avec Alpha Condé, même lorsque ce dernier était à la tête du pays.
Évoquant ses rapports avec l’ex-président, le leader de l’UFDG a reconnu que leur relation a toujours été « marquée par la rivalité et la méfiance », Alpha Condé n’ayant « jamais accepté [son] influence ni ses résultats électoraux ».
Par cette prise de parole ferme, Cellou Dalein Diallo entend rétablir sa vérité et « clore des accusations qu’il juge sans fondement ni preuves » dans le débat public.