Amadou Diouldé Diallo dégaine : Révélations attendues et « chantage » à l’histoire contre Sékouba Konaté
Le journaliste-historien Amadou Diouldé Diallo sort de l’ombre pour défier le Général Sékouba Konaté. Dans une tribune incendiaire qui a rapidement fait le tour des rédactions, celui qui se présente comme un témoin oculaire d’événements cruciaux de l’histoire guinéenne, notamment de la période post-coup d’État de 2008, menace de briser le silence et d’exposer ce qu’il qualifie de « vérité historique » face aux récentes prises de position de l’ancien Président par intérim.
Amadou Diouldé Diallo, qui annonce la publication prochaine d’un livre sur son arrestation et sa détention en 2021 sous le régime d’Alpha Condé, ne mâche pas ses mots. Il reproche à Sékouba Konaté, surnommé « El Tigre », de s’ériger en détenteur exclusif de la vérité et dénonce un véritable « chantage » médiatique de la part du Général.
Au cœur des accusations du journaliste se trouve un moment clé de l’histoire récente guinéenne : la prise du pouvoir par le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) en décembre 2008. Se posant en témoin privilégié, Amadou Diouldé Diallo affirme avoir été témoin oculaire d’une conversation téléphonique « dans la nuit du 24 Décembre 2008 » entre Sékouba Konaté et un « grand ethno de sa communauté », conversation qui portait sur la désignation du Capitaine Moussa Dadis Camara comme Chef de la junte.
Si Amadou Diouldé Diallo « parle », Dadis Camara pourrait être « acquitté par le tribunal de l’histoire », tandis que Sékouba Konaté se verrait imputer « une grande part de responsabilité historique » dans les « événements douloureux survenus sous le CNDD. Et bien avant sous le régime du Général Lansana Conté. » Une charge explosive qui promet de relancer le débat sur les responsabilités au sommet de l’État guinéen durant cette période trouble.
Le journaliste ne s’arrête pas là. Il lève le voile sur une rencontre privée de plusieurs années, en banlieue parisienne, où Sékouba Konaté l’aurait invité à « couper le jeun » contre un article qu’il « mendiait » sur lui.
Amadou Diouldé Diallo, qui venait de Clermont-Ferrand, raconte un long entretien au cours duquel le Général, « comme piqué par une mouche », lui aurait fait des « aveux ». Il révèle également que Sékouba Konaté lui aurait donné 500 Euros et réitéré sa « colère contre le Général Nouhou Thiam qui n’aurait pas exécuté le plan qu’il avait monté », bien que ce dernier fût son « cousin ».
Ces détails intimes sont brandis comme des preuves de la nature complexe et contradictoire de « El Tigre », qui « est loin d’être ce qu’il prétend. »
Le point de rupture semble être l’attente de révélations que Sékouba Konaté aurait promises concernant Cellou Dalein Diallo. Amadou Diouldé Diallo prévient : « J’attends ses révélations sur Cellou Dalein Diallo. Alors je vais délier ma langue pour prouver à Sekouba Konate qu’il n’est pas détenteur exclusif de la vérité historique de ce pays. Halte au chantage. Trop c’est trop. »
Cette mise en garde frontale s’inscrit dans un contexte où les acteurs politiques et militaires majeurs de la Guinée sont souvent au centre de polémiques et d’appels à rendre des comptes.
Le journaliste-historien conclut sa diatribe en opposant la posture de Sékouba Konaté à la discrétion qu’il estime être le propre d’un homme de commandement. « Un Général ne parle pas. Il assure le commandement des troupes et des peuples vers de nouveaux rivages, » écrit-il, citant le Général Lansana Conté et le Général Mamadi Doumbouya comme exemples de cette retenue.
Selon Amadou Diouldé Diallo, confronté au « dur maintien d’un standing, » « El Tigre semble avoir perdu sa tigritude au profit d’effluves langagières dépressives. » L’adage final, « quand tu danses avec un aveugle, il faut le piétiner de temps en temps, pour qu’il sache, qu’il n’est pas seul sur la piste, » confirme la détermination du journaliste à ne pas laisser Sékouba Konaté monopoliser la scène mémorielle.
L’heure des révélations est-elle donc venue, comme le suggère l’auteur ? La publication de son livre, qui promet d’aborder « Les rôles de Sekouba Konate dans un contexte élargi aussi, » est attendue avec impatience.
Le journaliste historien, Amadou Djouldé.