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Crises en Afrique de l’Ouest : la CEDEAO au rendez-vous avec l’histoire

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Lors de la réunion des chefs d'Etat la CEDEAO le 21 décembre 2019 à Abuja
Lors de la réunion des chefs d'Etat la CEDEAO le 21 décembre 2019 à Abuja
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TLP s’étonne que les sanctions annoncées à la suite du sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO du 20 août 2020 se réfèrent au protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance, dont l’institution n’a jamais veillé à l’application au Mali. Les éléments déclencheurs de la crise politique et sociale actuelle au Mali trouvent leur source dans les manquements graves et répétés aux principes de la lutte contre la pauvreté et la bonne gouvernance défendus par ce protocole additionnel.

Depuis sa création en 2014, Tournons La Page (TLP) lutte contre l’accession au pouvoir par toute forme de coup d’Etat, qu’elle soit constitutionnelle, électorale ou militaire. Tournons La Page constate que le mouvement insurrectionnel qui a abouti au coup d’Etat contre le Président Ibrahim Boubacar Keita a été déclenché après des dénonciations persistantes et vaines, par l’ensemble des forces politiques et la société civile du Mali, de la corruption criante et du manque avéré d’intégrité et de transparence des processus électoraux.

Ces éléments déclencheurs sont, à juste titre, considérés par le protocole du 10 décembre 1999 de la CEDEAO comme constituant une menace au maintien de la paix et de la sécurité. C’est la raison pour laquelle, dans sa mission de prévention des conflits, la CEDEAO avait estimé, selon le préambule de son Protocole additionnel de 2001, que « le Protocole du 10 décembre 1999 pour avoir plus d’efficacité, exige d’être complété, notamment dans le domaine de la prévention des crises intérieures, de la démocratie, de la bonne gouvernance, de l’Etat de droit, des droits de la Personne ».

 

Tournons La Page constate donc que les motivations, qui sont à l’origine de l’adoption du Protocole additionnel de 2001 sur la démocratie et la bonne gouvernance sont en phase avec les revendications du Peuple Malien, de même que celles qui sont régulièrement et légitimement exprimées par  tous les peuples de l’espace CEDEAO.

 

Cette crise malienne et la réaction de la CEDEAO suscitent au sein de notre mouvement et des peuples ouest-africains, un profond sentiment de mépris face à d’autres formes de coups d’Etat : ceux qui s’attaquent aux institutions et aux constitutions dans le seul but de maintenir au pouvoir des régimes illégitimes. Si les coups d’Etats militaires violent le protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance de la CEDEAO, les coups d’Etat constitutionnels qui systématiquement s’accompagnent d’une répression féroce, le piétinent tout autant.

 

Enfin, Tournons la Page (TLP) craint que les sanctions décidées par la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement n’accablent davantage le peuple Malien, déjà frappé par la pauvreté, les conséquences  de la corruption endémique dans l’appareil d’Etat  ainsi que par le terrorisme.

Attaché à la promotion et à la défense d’une véritable démocratie qui ne soit pas que de façade, et conscient de la solidarité d’intérêt et de destin entre le Mali avec les autres pays de la sous-région ouest africaine, Tournons La Page (TLP), en appelle à la CEDEAO, à l’Union Africaine et à la communauté internationale qu’il exhorte à :

  • Soutenir et appuyer un processus plus efficient pour l’instauration et la consolidation d’une démocratie dans laquelle le peuple malien se reconnaît et retrouve ses aspirations légitimes ;
  • Encourager le lancement rapide d’une transition républicaine fiable et efficace permettant de rétablir la démocratie au Mali tout en protégeant ses populations les plus vulnérables.
  • Faire dès maintenant pression sur les autres pays membres dont la Côte d’Ivoire et la Guinée pour que cessent les modifications de constitution à des fins personnelles ainsi que d’autres manœuvres anti démocratiques pour se maintenir au pourvoir
  • Exiger que la limitation du nombre de mandats à deux soit une réalité et que les chefs d’Etat qui briguent un troisième mandat renoncent à ces projets qui risquent de précipiter la sous-région ouest africaine dans le chaos.
  • Veiller à une application sérieuse et crédible des dispositions du protocole additionnel relatives à la transparence et à la fiabilité des élections.
  • Exiger la libération des acteurs de la société civile détenus pour avoir défendu les principes de démocratie et de bonne gouvernance contenus dans le protocole additionnel de la CEDEAO.

 

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