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Entretien avec Oumoul Diallo, activiste engagée pour les droits des femmes et des enfants

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Cette semaine, votre quotidien en ligne Verite224.com a reçu dans sa rubrique Interview la présidente de l’ONG EduForHope Guinea. Oumoul Diallo est une des Guinéens qui vendent une bonne image de la Guinée à l’étranger. Cadre supérieure dans des grandes entreprises multinationales, Oumoul Diallo réside aux Etats-Unis depuis de nombreuses années.

En 2017, en séjour en Guinée, elle est marquée par l’extrême souffrance des femmes, la présence massive des mineurs dans les rues de Conakry. Touchée et affectée par ce constat désastreux elle crée son ONG pour venir en aide aux enfants et aux femmes vulnérables.

Depuis, Oumoul Diallo, patriote convaincue a fait d’immenses réalisations notamment la scolarisation des enfants et l’aide aux femmes à faibles revenus. Au cours de l’entretien qu’elle a accordé à Verite224.com, elle revient sur sa vision et son ambition de changer les choses à sa manière et à ses moyens.

Verite224.com : parlez-nous de votre ONG

Oumoul Diallo : depuis sa création, nous travaillons en partenariat avec les communautés, pour la construction d’un environnement plus sûr et plus inclusif pour les filles et les garçons. La vision d’EduForHope est de donner la possibilité à ces enfants d’accéder à une meilleure éducation, essentielle pour briser le cycle de la pauvreté et leur donner confiance en eux. Les trois volets de notre ONG

– L’éducation

– La protection

– Le soutien aux mamans

Vous êtes une femme très engagée et animée pour la défense et la promotion de l’éducation des enfants. Vous dirigez une ONG qui vient en aide aux enfants issus des parents très démunis. Qu’est-ce qui vous a motivé à créer votre ONG

Ce qui m’a motivé à créer cette ONG, c’est quand j’ai vu des enfants dormir dehors, l’indifférence envers le nombre grossissant d’enfants errant constamment dans les rues à mendier, à vendre avec des plateaux sur la tête toute la journée sous le soleil ardent pour gagner $2-3 dollars [20 à 30 000 francs guinéens].  Et parfois rencontrer des enfants à des heures très tardives le soir exposant les petites filles à d’énormes risques supplémentaires.  C’est aussi les enfants albinos stigmatisés, exposés à des risques de maladie de la peau. Et cette violence envers les petites filles normalisée.  C’est aussi ces enfants qui sont séparés de leurs familles depuis des années pendant que les tuteurs les exploitent.

Je me suis dit un jour que je souhaiterais leur offrir les mêmes possibilités que celles que j’ai offertes à ma fille. Leur donner la possibilité de rêver avec un avenir meilleur.

Depuis la création de votre ONG, qu’est-ce que vous avez pu réaliser sur le terrain ?

Notre ONG est autofinancée

– Nous avons scolarisé une trentaine d’enfants. Nous avons réussi à avoir des accords avec les parents pour empêcher les enfants de vendre dans la rue ou de mendier. Nous avons aussi offert un soutien financier à quelques mamans afin qu’elles laissent les enfants poursuivre leur cursus scolaire. On a augmenté le capital à celles qui avaient déjà un petit commerce. On a initié d’autres à commencer leurs activités. Ces mamans commencent à progressivement générer leurs propres revenus. Nous avons sensibilisé les jeunes par rapport à l’éducation des jeunes filles et leur contribution au progrès de notre pays. Nous avons organisé à la sensibilisation des jeunes par rapport à la violence faites aux filles et dans le milieu scolaire.  Nous avons organisé des discussions avec des groupes de jeunes filles concernant le harcèlement dans le milieu scolaire

Oumoul Diallo avec Fatou Touré décédée à l'âge de 6 ans dont elle dédie cette interview
Oumoul Diallo avec Fatou Touré décédée à l’âge de 6 ans dont elle dédie cette interview

Les rues de Conakry sont inondées des enfants vendeurs ambulants qui ne sont pas scolarisés. Selon vous qu’est-ce qu’il faut pour que cela change

Nous devons travailler avec le gouvernement pour d’abord identifier les familles de ces enfants et comprendre la source de tant de pauvreté. Nous devons accompagner ces ‘familles” avec un programme de soutien et obligatoirement scolariser ces enfants. Mettre en place un service de contrôle pour les enfants dans la rue avec une pédagogie qui privilégie le dialogue et la sensibilisation, scolarisation obligatoire et gratuite jusqu’à 18 ans. Mettre des lois en place et/ou renforcer les lois existantes pour éliminer le danger auquel fait fasse ces enfants exposés déjà à tous les risques possibles. Interdire le travail à moins de 16ans d’âge. Travailler avec les ministères respectifs pour créer un environnement sûr et des opportunités pour ces enfants.

 

Vous êtes aussi une activiste de la protection de femmes. Il y a quelques jours, le 25 novembre, le monde a célébré la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Que pensez-vous de cette journée.

Une journée extraordinaire pour rappeler au monde entier que la violence n’est ni acceptable, ni tolérable.

Lorsque vous lisez ou vous entendez sur les radios les statistiques sur les viols, cela donne froid au dos. Et lorsque vous entendez le témoignage d’une petite fille de 9 ans sanglotant, vous raconter la violence qu’elle a subie d’un inconnu, cela vous marque pour la vie. Il est de notre devoir de protéger nos enfants.

Les jeunes filles dans la rue sont encore plus exposées à des prédateurs, à des maladies et des risques de grossesses non désirées, à un avenir incertain sans aucune éducation. Le destin que nous aurons choisi pour ces enfants serait l’échec.

Vos mots pour clore cet entretien.

L’avenir de notre pays est sous nos yeux : les Enfants. Nous devons travailler avec le gouvernent pour protéger nos enfant contre toute formes de violence. Nous sommes responsables d’eux et ils ont besoin de nous. Les enfants ont droit à la protection. Ils ont le droit de survivre, d’être en sécurité, d’être entendus, de recevoir des soins adéquats et de grandir dans un environnement protecteur. Une famille est la première ligne de protection pour les enfants.

Entretien réalisé par Fatoumata Binta Diallo

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