Toutes les infos en direct sur la Guinée

Meurtres sanglants en Guinée : Le silence assourdissant des autorités face au destin tragique de deux homonymes

0

Deux hommes, un même nom, deux vies fauchées à quelques heures d’intervalle dans des circonstances effroyables. Boubacar Barry, la quarantaine, en provenance des Etats Unis pour un séjour en Guinée à été assassiné à Manéah (Coyah), et Alhadji Boubacar Barry, 39 ans abattu à Lambanyi (Conakry). Alors que les familles éplorées viennent d’inhumer leurs proches dans la douleur, une question brûle toutes les lèvres, pourquoi ce silence radio des autorités judiciaires et des forces de sécurité ?

Le premier drame s’est joué à Manéah, dans la préfecture de Coyah, le vendredi 30 octobre 2026. Profitant de la piété de Boubacar Barry, deux individus se présentent à son domicile aux alentours de 20 heures sous prétexte de chercher un endroit pour faire leurs ablutions.

Accueillis avec bienveillance, les assaillants font tomber rapidement le masque, ils ligotent le monsieur avant de l’exécuter froidement. Après avoir pillé les lieux et emporté ses objets de valeur ainsi que sa voiture garée dans la cour, ils prennent la fuite. Ce n’est que le lendemain, samedi 31 octobre, que la famille découvrira son corps sans vie dans sa propre maison. Il a été conduit à la morgue de l’hôpital de la préfecture de Coyah par les agents de sécurité qui sont venus faire le constat. Il a été conduit à sa dernière demeure le même jour, au cimetière de Sonfonia.

Avant ce drame, la nuit du jeudi 29 octobre vers 2 heures du matin, la terreur frappe à Lambanyi, dans la commune de Ratoma. Des commandos lourdement armé débarquent au domicile d’Alhadji Boubacar Barry, commerçant de profession, à bord d’une dizaine de véhicules selon notre source d’information. Après avoir escaladé les murs, certains sont passés par le grand portail et maîtrisé le gardien ainsi que l’ami d’enfance du défunt, Baba Traoré, les assaillants montrent une photo d’Alhadji Boubacar. Face aux dénégations des témoins tentant de le protéger, l’un des hommes armés gifle violemment Baba Traoré, pointant du doigt la présence du véhicule du commerçant dans la cour.

Sous la menace directe de leurs armes, Baba Traoré est contraint de les guider jusqu’à la chambre de son ami. Une altercation éclate, rapidement interrompue par la détonation d’un coup de feu. Touché à mort, Alhadji Boubacar effondre. Les criminels embarquent son corps dans le coffre d’un de ses véhicules, font le sac de la maison, volent ses deux voitures et kidnappent Baba Traoré, le visage masqué. Si le sort de ce dernier suscite toujours l’angoisse de ses proches, le corps d’Alhadji Boubacar a finalement été retrouvé le dimanche 1er novembre à la morgue de l’hôpital national Donka, avant d’être transporté et inhumé le mercredi 4 novembre à Siguiri.

Au-delà de la barbarie de ces attaques menées en plein cœur de la capitale et de sa banlieue, c’est l’inaction des institutions qui suscite l’indignation. Plus d’une semaine après ces événements tragiques, aucune prise de parole officielle n’a eu lieu.

Du côté de la justice, le Parquet général, Fallou Doumbouya demeure muet. Du côté des services de recherche et d’investigation police et gendarmerie nationale , aucun communiqué n’a été rendu public pour annoncer l’ouverture d’une enquête judiciaire ou rassurer la population face à cette montée criante de l’insécurité.

Aujourd’hui, les deux familles se retrouvent seules face à leur deuil et à un sentiment d’injustice flagrant. Que reste-t-il aux citoyens lorsque ceux qui ont la charge de protéger les personnes et leurs biens restent indifférents ? En l’absence de toute communication officielle ou de traque affichée des coupables, le désarroi laisse place à une inquiétude légitime, la vie humaine a-t-elle encore une valeur aux yeux des services publics de sécurité en Guinée ?

Ibra Barry, journaliste d’investigation

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite

Politique de confidentialité et de cookies
Partager