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Guinée : il y a dix ans Dadis Camara est évincé du pouvoir

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Il est arrivé au pouvoir à un mois décembre et il est parti du pouvoir inconscient à un décembre. Le sulfureux capitaine Moussa Dadis Camara a bien marqué son règne. Arrivé au pouvoir le 23 décembre 2008 au lendemain du décès du Président Lansana Conté, le jeune officier a promis de rendre le pouvoir au civil à l’issue de l’organisation d’une élection présidentielle. Il entreprend des travaux de lutte contre la corruption dont il promet de s’en débarrasser.

Dadis Camara s’est surtout illustré au début de son règne par la lutte contre le narcotrafic. La Guinée était devenue avec son voisin de la Guinée-Bissau une plaque tournante des trafiquants latino-américains. Des anciens ministres, des hauts cadres de l’Etat, des gradés de l’armés sont interrogés par le bouillant officier Dadis Camara dans le salon de son bureau au camp Alpha Yaya Diallo, devenu le quartier général de la junte militaire. Ces auditions étaient retransmises à la télévision nationale. Le talk-show appelé aussi Dadis Show a attiré des millions des Guinéens devant le petit écran.

Le Monsieur anti-corruption et démocrate déclaré a eu plus tard le goût du pouvoir. Tout d’abord, à Boulbinet, dans la presqu’île de Kaloum, il menace d’ôter sa tenue pour se présenter à la présidentielle. Cette sortie inquiète l’opposition qui y voit des prémices d’une volonté de se maintenir au pouvoir. Des mois passent, l’intention du jeune capitaine se précise. L’opposition et la société civile réunies au sein des forces vives expriment leur crainte et menacent de protester dans les rues de Conakry. Le 28 septembre, les forces vives organisent une gigantesque manifestation contre une éventuelle candidature de Moussa Dadis Camara. Au stade du 28 septembre, l’armée se livre à des exactions. Les militaires tirent sur la foule. Une dizaine des femmes sont violées. Le bilan est lourd, 157 morts (selon l’ONU), des centaines des blessés et une dizaine de portés disparus. Le massacre crée de choc à la communauté internationale qui met d’énormes pressions sur la junte militaire.

Au sein de l’armée, des divisions sont perceptibles. D’un côté Moussa Dadis Camara, le lieutenant-colonel Jean Claude Pivi, de l’autre Toumba Diakité et ses hommes. Les premiers accusent les seconds d’être responsables des tueries du stade. La tension monte. Toumba Diakité et ses proches occupent le camp Koundara, à Boulbinet. Dadis Camara se rend sur place pour tenter de calmer son aide de camp. Les discussions virent très vite aux violences et Toumba tire sur son patron d’une balle à la tête. Le capitaine Moussa Dadis Camara est évacué au Maroc. Depuis il s’éloigne du pouvoir. A Ouagadougou, il cède officiellement le pouvoir à son numéro 3, le Général Sékouba Konaté. Ce dernier prononce un discours le 15 janvier 2010 pour annoncer une nouvelle transition. Depuis, l’enfant de Koulé est hors-jeu.

Fatoumata Binta Diallo

 

 

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