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61 ans du franc Guinée : un échec sur le plan monétaire et que faire ?

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La Guinée a choisi la souveraineté monétaire, 2 ans après son indépendance pour mettre en place sa propre monnaie le 1er Mars 1960.  S’il faut reconnaître que cela a été un bon choix d’avoir sa propre monnaie, et de disposer de sa capacité à définir une politique monétaire qui accompagne l’économie et par conséquent favorise la création des PME,  la croissance, la création de l’emploi bref le bien être . Il faut reconnaitre que celle-ci a été abusée pour des fins politiques et populistes avec des financements sur des déficits causés, par la mauvaise Gouvernance et par conséquent, celà constitue à nos jours un véritable frein au bien-être du Guinéen.

Dans cette logique, la première institution concernée est la banque centrale de la république de Guinée (B.C.R.G) où il faudrait des reformes,  afin qu’elle ne soit pas dépendante de la présidence de la république, plutôt dans la promotion d’un véritable développement socio-économique.

En effet, dans son rôle du contrôle de l’inflation, de la gestion des réserves de change, de la surveillance du système bancaire pour fournir des services de qualité et d’accompagner les PME Guinéennes,  la stabilité des prix, le taux de change, les engagements de la Guinée dans le cadre de la zone monétaire ouest Africain, c’est tout simplement un échec.

A date, il faut avoir le courage de dire que les partenaires financiers tels que le fond monétaire international, la banque mondiale ne visent que des objectifs du respect des engagements financiers loin d’une volonté de permettre un décollage économique, en fait le contribuable ne les intéresse pas . Ces institutions d’ailleurs s’accentuent beaucoup plus à chaque déficit, sur l’augmentation des recettes à travers des mesures qui touchent le citoyen Guinéen, tel que l’augmentation du prix du carburant, la TVA que de mettre une pression sur les dépenses publiques de l’Etat.

Reformer le statut de la Banque Centrale

Comme évoqué ci-haut, il y a nécessité d’ouvrir un débat afin que la BCRG ne soit plus dépendante de la présidence de  la république, par conséquent une complicité dans les paiements pour un déficit que le pauvre citoyen subira, et plus loin sur la moralité des personnes qui la dirigent.

La Banque centrale a subi diverses modifications de ses statuts  respectivement en 1961, 1980, 1985 et 1994. Ces modifications n’ont malheureusement pas permis de répondre aux attentes.  Il a fallu attendre la nouvelle Commission indépendante créée le 04 mai 2007 par le Premier Ministre de large consensus, pour la revue des statuts et de la politique monétaire de la BCRG pour avoir quelques résultats, on se rappelle à ce moment de la stabilité du taux de change.

Malheureusement il y a toujours  l’Article 28 des statuts de 2009 de la BCRG qui cause des difficultés et qui ouvre la brèche aux fameuses autorisations de paiements qui aggrave le déficit. Il  indique que : «la Banque centrale consent des avances à l’état, tous concours confondus jusqu’à concurrence de vingt pour cent (20%) des recettes budgétaires constatées au cours de l’année budgétaire écoulée».   Qu’est-ce qui justifie un déficit supplémentaire de 20 %  surtout sans contrepartie réelle.

Une indépendance totale de la BCRG avec un conseil d’administration dont les membres passent au niveau de l’assemblée pour leurs probités morales, une indépendance également dans son fonctionnement, à l’image de la BECEAO,  et surtout,  que le gouverneur de la BCRG soit soumis, à une enquête de moralité et qu’il puisse avoir la confiance de l’assemblée avant que le président de la république puisse prendre un décret le nommant.

Aussi, Il faut revenir à 10% et encadrer ses avances pour ne pas que cela soit utilisée pour des paiements avec des marchés de gré à gré afin d’imposer une discipline budgétaire,  indispensable de nos jours.

L’une des innovations majeures à apporter au niveau des statuts,  est de donner la latitude à l’Etat à des opérateurs économiques Guinéens, de mettre en place une banque primaire et c’est bien possible à date.  En effet c’est mentionné qu’on ne peut créer une banque primaire sans une expertise étrangère, malheureusement à date celle-ci est marocaine, nigérienne, française ce qui est complètement aberrant.

Alors pourquoi pas une banque primaire Guinéenne ?  Si le cas de la BADAM a été un échec, il faut reconnaître que celle-ci était plus dans une logique politique, sans des procédures et encore moins une libération du capital,  qu’une réelle volonté d’accompagner l’Etat et les PME dans leurs projets économiques.  Il est bien possible à date d’avoir une banque primaire, afin d’accompagner l’Etat dans la politique agricole, industrielle à l’image du Sénégal et de la côte d’ivoire.

Limiter la création monétaire et favoriser la bancarisation pour  une politique de crédit accessible aux PME

La création monétaire n’est pas un mal, si elle répond aux besoins de l’économie. Il est nécessaire de changer des coupures pour une question de sécurité et au-delà  en fonction des besoins économiques mettre en place des coupures qui répond aux besoins des agents économiques.

Par rapport à la Guinée, c’est un flop total, la création monétaire ne vie que des volontés politiques afin de financer de la propagande, rappelez-vous bien que les coupures de GNF 20 000 ont vu le jour à la veille des élections présidentielles de 2015, par la suite, l’EUR est passé de 8000 GNF à 10 000 et le dollar de 7000 GNF à 9000 GNF, ce qui est tout à fait compréhensible,  Quand il y a une création monétaire de trop, les agents économiques sont tentés de se couvrir en achetant les devises, une demande plus forte entraine, la dépréciation du GNF.

Le taux de bancarisation est très faible, aux alentours de 20% à date, des dépôts très faibles qui ne permettent pas de faire du crédit. Une réflexion doit être mené pour faciliter les dépôts au niveau des banques primaires, développer des solutions technologiques à travers des moyens de paiement sécurisés, certaines banques primaires commencent déjà afin d’augmenter de façon très signifiante le taux de bancarisation pour  faciliter l’accès au crédit aux PME. Ça doit être le défi majeur de la BCRG, c’est ça la croissance, la création d’emploi  bref l’objectif escompté.

Bref, plusieurs se trompent dans leurs analyses, indiquant, qu’il y a nécessité d’intégrer une zone afin de discipliner nos finances, celà prouvent notre manque de maturité et l’incapacité de gérer nos finances, au moment où certains pays de la zone franc crient à une monnaie trop forte par rapport à leurs économies, il y a lieu de réfléchir, aucune nécessité n’explique cette volonté et perdre cet avantage que nous avons. Il faudrait par conséquent un débat pour mieux encadrer les paiements et la gestion du déficit afin de limiter la planche à billet pour enfin redonner au franc Guinéen,  sa valeur. Il sera pas mal dans le temps également, de l’adossé à un certain panier de devises.

 

BAH Abdourahamane Bella

abbellabah@gmail.com

 

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