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Covid-19 : les défis des économies des pays en voie de développement

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Les économies des pays en développement, notamment celle de la Guinée, sont confrontées à des situations auxquelles ne favorisent guère leurs croissances et leur poussent en général à la dépendance économique vis-à-vis de celles développées. En Guinée par exemple, on a tendance à briser les étapes de la croissance économique. Une situation due par l’abandon des deux premiers secteurs économiques pourtant productifs au profit du tertiaire : la prolifération de partis politiques (des regroupements non productifs, pire destructeurs); l’inadéquation des enseignements universitaires par rapport aux exigences du développement du pays et qui conduit et conduira toujours au chômage galopant et massif des jeunes car tous les diplômés ne veulent être que dans les bureaux; le développement exagéré et passionné du commerce, …

Les préalables d’un développement exigent la mobilisation des toutes les ressources dont dispose un pays et les gérer correctement. Parmi celles-ci la plus importante reste et demeure les hommes bien formés pouvant mettre en valeur toutes les autres. C’est pourquoi, l’éducation dans tout pays doit répondre aux exigences du développement de son économie parce que dans le cas contraire, il risque de fabriquer beaucoup des jeunes diplômés mais improductifs. Comme disait l’autre : « les pays africains doivent beaucoup veiller à ce que leurs étudiants ne choisissent toujours pas les filières qu’ils aiment et doivent leur orienter dans les secteurs qui pourraient rapidement relancer leurs économies respectives». Il entend par là que les pouvoirs publics doivent évaluer la situation économique périodiquement et ainsi orienter et adapter leurs enseignements universitaires et professionnels en fonction de ces études.

Personne n’a besoin de le souligner qu’un pays avec la production évoluant en séries géométriques et les emplois en séries arithmétiques ou que même il y a en effet aucune création palpable d’emplois, alors ces jeunes risquent d’être des instruments de troubles sociaux. Il n’est guère étonnant le fait qu’ils supportent aveuglement en s’armant naïvement de courage pour répondre aux bêtises de nos politiciens fanfarons, ethnocentristes et incompétents. Sans oublier que pour des purs enfantillages, ils s’en prennent aux bâtiments publics et aux biens individuels. Nous devons comprendre que le développement est l’affaire de tout le monde qu’on soit, il ne tomberait point du ciel et dépendra de nos efforts collectifs, bien évidemment, dans la stabilité politique (l’affaire de pouvoirs publics) et la cohésion sociale (notre affaire). Si l’Etat nous a permis de recevoir les formations universitaires gratuitement ce qui n’est pas le cas dans beaucoup de pays, alors il a rempli une bonne partie de sa mission et après les études, nous avons aussi l’autre partie qui nous concerne plus que lui. Au moins, nous pouvons laisser les biens publics et individuels tranquilles en maintenant la cité en paix.

Par exemple, sur cent étudiants guinéens, les quatre-vingt veulent faire les sciences sociales (le droit, l’histoire, l’économie, les lettres modernes, la sociologie, …) ; les quinze veulent faire les sciences mathématiques (les maths, la physique, …) et les cinq s’adonnent aux celles expérimentales (la biologie, la chimie, …). Pire, aucun étudiant ne veut faire les formations professionnelles. Pourtant la situation actuelle de notre économie ne permet pas d’employer tous ces juristes, économistes, sociologues, mathématiciens ou physiciens car elle a besoin plus des agronomes, géologues miniers, ingénieurs, médecins, maçons, menuisiers, électriciens ou plombiers professionnels. Bref, l’une des causes du chômage massif des jeûnes en Guinée est l’inadéquation de nos formations par rapport aux besoins de notre économie.

En outre, aucun pays (les pouvoirs publics) ne peut employer tous ceux y demandent de l’emploi quelle que soit la puissance de son économie et c’est pourquoi, il doit promouvoir les secteurs privés qui passent nécessairement par l’établissement d’un cadre macroéconomique sain et le code d’investissement attractif, le renforcement des institutions républicaines notamment dans les secteurs de la justice et de la sécurité auxquels aspireront de confiance aux investisseurs nationaux et étrangers. Malheureusement, la Guinée avec son instabilité caractérisée par les manifestations violentes par ici et par là, l’injustice chronique et le manque de la sécurité ne n’est pas en mesure, en tout cas pour le moment, d’attirer les entrepreneurs. Cette situation est aussi l’une des causes de la non-création des emplois dans ce pays.

A mon avis, la solution à court terme serait de veiller à la stabilité surtout politique et sociale dans le pays et à long terme, de reformer notre système d’enseignement pour l’adapter aux exigences de notre économie. Bien sûr, tout cela demande des dirigeants clairvoyants et compétents d’un côté et les citoyens patriotes et productifs de l’autre côté, ils sont les deux jumeaux du développement.
Par Ibrahima Kandja Doukouré

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